Bretagne: Hénaff s’engage sur la question du bien-être de ses cochons

AGRICULTURE L'entreprise se donne dix ans pour faire évoluer ses pratiques et celles de ses éleveurs

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un élevage de cochons en Bretagne.
Illustration d'un élevage de cochons en Bretagne. — S. Salom Gomis / Sipa
  • Célèbre pour son pâté, l’entreprise Hénaff veut améliorer ses pratiques et celles de ses éleveurs à l’horizon 2030.
  • Elle s’engage notamment à stopper la castration et la coupe des queues des porcelets.
  • L’association Welfarm espère que ces annonces seront suivies d’effets, critiquant tout de même un calendrier trop lointain.

Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se soucier de la question du bien-être animal, obligeant toute l’industrie agroalimentaire à faire évoluer ses pratiques. En Bretagne, première région d’élevage française, certains acteurs ont senti le vent tourner et engagé des démarches pour répondre à ces nouvelles attentes des clients.

C’est le cas de l’entreprise Hénaff, célèbre pour son pâté, qui a dévoilé ce mercredi sa nouvelle stratégie visant à avoir « un impact positif » sur le plan économique, social et environnemental à l’horizon 2030. « Il nous faut produire bien, bon et sain, c’est devenu une obligation », assure Loïc Hénaff, président du directoire de l’entreprise.

Dans cette feuille de route, reposant sur cinq piliers et 14 engagements, il est question de recyclage des déchets, de préservation de la ressource en eau mais aussi du respect des animaux, en l’occurrence de ses cochons qui finiront en boîtes ou en saucisses. Concrètement, l’entreprise Hénaff s’engage à stopper la coupe des queues et la castration des porcelets d’ici dix ans. A cette date, les truies et les porcs devraient aussi avoir gagné en confort de vie avec la promesse d’un « logement sur paille et accès à un parcours extérieur » pour chaque animal.

Un calendrier trop lointain pour l’association Welfarm

Autant de points sur lesquels l’entreprise s’était fait épingler il y a deux par L214 dans une vidéo qui aurait été tournée chez deux éleveurs fournissant la marque. L’association pointait alors du doigt les conditions d’élevages des cochons avec des images chocs dont elle s’est fait une spécialité. La polémique passée, Loïc Hénaff veut désormais avancer et ériger son entreprise en modèle pour la bientraitance animale.

Contactée par 20 Minutes, l’association Welfarm, qui œuvre pour la protection des animaux de ferme, voit plutôt d’un bon œil ce nouveau virage pris par Hénaff, tout en restant très vigilante. « Ces annonces vont dans le bon sens. Mais il faudra voir si elles sont suivies d’effets », indique Pauline di Nicolantonio, chargée des campagnes de l’association, dénonçant par ailleurs les échéances trop lointaines.

« Il ne faut pas attendre 2030 pour la castration et la coupe des queues des porcelets, c’est maintenant qu’il faut agir. Le groupe Cooperl a bien arrêté la castration de ses porcs dès 2012, c’est donc bien qu’il y a des solutions alternatives », assure la militante.