D'autres pays que la France seraient «probablement» concernés par le fichage de Monsanto, annonce Bayer

FICHAGE ILLEGAL La justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal de centaines de personnalités et médias pour le compte du géant américain Monsanto

20 Minutes avec AFP

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Bayer a présenté dimanche ses excuses après les révélations sur le fichage de personnalités par Monsanto.
Bayer a présenté dimanche ses excuses après les révélations sur le fichage de personnalités par Monsanto. — AFP

Le scandale pourrait s’étendre à d’autres pays. Ce lundi, le groupe Bayer, propriétaire de Monsanto, a indiqué que des fichiers de personnalités commandés par la firme tels que ceux révélés en France existent « très probablement » dans d’autres pays européens, tout en évoquant une pratique « inappropriée ».

« Je pars clairement du principe que d’autres pays européens sont également concernés » et « il est très probable que de telles listes y existent », a indiqué Matthias Berninger, directeur en charge des affaires publiques, lors d’une conférence téléphonique.

Un contrat européen

« Je n’ai pas d’informations certaines », mais le contrat entre Monsanto et l’agence de communication Fleishman Hillard, qui a établi ces fichiers, « s’étendait à toute l’Europe », a-t-il indiqué. La justice française a ouvert une enquête sur des soupçons de fichage illégal pour le compte du géant américain  Monsanto de centaines de personnalités et médias, concernant notamment leur position vis-à-vis du glyphosate, des OGM, ou leur propension à être influencés.

Cette enquête fait suite à une plainte déposée par le quotidien Le Monde et un de ses journalistes, qui figurait dans les fichiers incriminés. Elle vise notamment le chef de « collecte de données personnelles par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite » dans ses investigations. Les instituts de recherche de l’Inra et du CNRS ont annoncé à leur tour, lundi, leur décision de porter plainte.

Bayer présente ses excuses

Les documents en question datent de 2016, soit avant le rachat par Bayer du géant américain des pesticides et des OGM, finalisé l’an dernier. Bayer a présenté dimanche ses excuses tout en estimant ne pas voir « pour le moment » d’éléments montrant que les listes établies pour le compte de Monsanto ont enfreint la loi.

Cependant, « cette manière de travailler avec des journalistes, des politiques mais aussi des activistes est inappropriée », a déclaré Matthias Berninger, ajoutant qu’une enquête interne était en cours et qu’un cabinet d’avocats sera mandaté pour éclaircir les faits. Le directeur en charge des affaires publiques a réitéré lundi que Bayer compte coopérer « pleinement » avec les enquêteurs et que les liens avec Fleishman Hillard étaient « suspendus ».