Sommet européen à Sibiu: Une occasion manquée pour le climat

SOMMET La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas répondu à l’appel lancé par huit pays de l’UE pour atteindre l’objectif de zéro gaz à effet de serre d’ici à 2050

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, Emmanuel Macron, le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen, le présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors du sommet européenne à Sibiu, en Roumanie, le 9 mai 2019.
Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, Emmanuel Macron, le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen, le présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors du sommet européenne à Sibiu, en Roumanie, le 9 mai 2019. — Ludovic MARIN / AFP

Une « occasion manquée ». Le sommet européen de Sibiu, en Roumanie, n'a pas permis d’intensifier les actions pour lutter contre le changement climatique, a déploré ce vendredi la Française Laurence Tubiana, directrice de la Fondation européenne pour le Climat et cheville ouvrière de l’accord de Paris

« Je suis vraiment déçue », a-t-elle ajouté, accusant au passage l’Allemagne, la plus grande économie de l’Union européenne, de « traîner les pieds » et de bloquer l’ambition d’une Union européenne sans émission de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

Une « dissonance » entre l’attitude des responsables gouvernementaux et la demande du public

La chancelière allemande Angela Merkel n’a en effet pas répondu à l’appel lancé par huit pays de l’UE pour atteindre ce but. « Comme nos objectifs pour 2050 diffèrent, je n’ai pas encore été en mesure de soutenir pleinement cette initiative », a expliqué Angela Merkel, jeudi, à Sibiu. La « première étape » doit être que l’UE respecte son engagement de réduire ses émissions de carbone de 40 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici à 2030, a insisté la chancelière.

Huit pays - France, Belgique, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Espagne et Suède – ont lancé un appel à Sibiu pour exhorter l’UE à respecter l’objectif « d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre net d’ici à 2050 au plus tard » et à « rediriger les flux financiers, à la fois publics et privés, vers l’action climatique ». Mais Laurence Tubiana a déploré la « dissonance » entre l’attitude des responsables gouvernementaux et la demande d’un public de plus en plus préoccupé par l’impact du changement climatique.

Limiter la hausse du réchauffement climatique à 1,5°C

Elle a toutefois noté un « changement de centre de gravité » dans le débat, car les principaux partis politiques en Allemagne et ailleurs ressentent le besoin de forger des positions sur le réchauffement climatique. La demande de la Chine pour le développement de nouvelles technologies telles que les voitures électriques exerce une pression concurrentielle sur les entreprises de l’UE, a-t-elle ajouté.

Laurence Tubiana a dit espérer que le prochain sommet des dirigeants de l’UE, en juin, à Bruxelles, à la suite des élections européennes, soit une nouvelle occasion d’intensifier les ambitions en matière de climat. L’accord sur le climat conclu à Paris en décembre 2015 « tient bon », a-t-elle insisté, assurant qu'« il n’y a eu aucun effet domino » depuis le retrait du président américain Donald Trump. Le pacte, conclu entre 195 pays membres de l’ONU, prévoit de contenir le réchauffement de la planète « bien en dessous de deux degrés Celsius (3,6 degrés Fahrenheit) » d’ici à 2100 et de limiter la hausse à 1,5°C.