Béarn: La réintroduction du bouquetin dans les Pyrénées, une (faible) lueur d'espoir pour la biodiversité

ANIMAUX Le bouquetin ibérique vient d'être réintroduit dans les Pyrénées-Atlantiques pour la première fois depuis sa disparition en 1910

Mickaël Bosredon

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Bouquetin ibérique
Bouquetin ibérique — Tuxyso/Wikimedia Commons/CC-BY-SA-3.0
  • Sept animaux ont été relâchés il y a quelques jours en Vallée d’Aspe.
  • Cette réintroduction fait suite à celle qui a débuté dans les Hautes-Pyrénées en 2014.
  • L’idée est de recréer des noyaux de population à divers endroits, et que ceux-ci finissent par se rencontrer.

A l’heure où on s’alarme de la perte de biodiversité dans le monde, un projet comme celui de la réintroduction du bouquetin dans les Pyrénées, brille comme une (faible) lueur d’espoir. Le 11 avril dernier, un lâcher de sept bouquetins ibériques a eu lieu dans le Béarn, en vallée d’Aspe. Il s’agit du prolongement d’un projet de réintroduction de l’espèce plus vaste, initié en 2014 dans les Hautes-Pyrénées.

« Le bouquetin ibérique avait disparu des Pyrénées depuis 2000 du côté espagnol, et depuis 1910 du côté français, essentiellement à cause de la chasse, et aussi de quelques maladies, explique Alexandre Garnier, chargé de mission bouquetins au parc national des Pyrénées. Après les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées ariégeoises, l’idée est désormais de créer de nouveaux noyaux dans le Béarn, pour que l’ensemble des populations entrent petit à petit en contact. » Après la vallée d'Aspe, un autre noyau sera réintroduit en vallée d'Ossau.

« L’objectif est de lâcher 75 individus sur trois ans afin de créer deux noyaux de population favorisant un maintien durable de l’espèce dans les Pyrénées » précise le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui finance ce projet d’un montant de 346.000 euros, à hauteur de 15.000 euros.

Tests sanitaires et colliers GPS

Si le bouquetin ibérique a disparu des Pyrénées espagnoles, il existe encore en Espagne. « Les individus que nous réintroduisons viennent d’un parc national au nord de Madrid, poursuit Alexandre Garnier. Ils subissent une batterie de tests sanitaires auparavant, car il n’est évidemment pas question qu’ils amènent des maladies, dans une région où le pastoralisme est très développé. » Ils sont également équipés de colliers GPS, pour permettre de les suivre, et de « comprendre comment ils utilisent l’espace rocheux. »

Le bouquetin ibérique évolue en effet dans une « niche écologique très particulière, celle des falaises » précise Alexandre Garnier, et il a donc « toute sa place dans l’écosystème pyrénéen. » « C’est une réintroduction très symbolique, insiste le chargé de mission, et c’est important de souligner que parfois, on arrive à réparer ce que l’Homme a détruit, même si évidemment cela ne nous autorise pas à faire ce que l’on veut. »