Biodiversité: EELV dénonce un «coup de poignard» du gouvernement contre le Conseil national de la protection de la nature

ECOLOGIE L’intervention fait suite à l’annonce de l’ONU sur la menace d’extinction d’un million d’espèces

J.-L. D. avec AFP

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Campagne EELV avec Yannick Jadot
Campagne EELV avec Yannick Jadot — XAVIER VILA/SIPA

Europe Ecologie Les Verts (EELV) a dénoncé ce lundi un projet de décret « coup de poignard » du gouvernement contre le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), quelques heures après l’annonce par le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité qu'un million d'espèces étaient menacées d’extinction.

« Le gouvernement français choisit ce mois de mai devenu mois d’alarme mondiale pour la biodiversité pour porter un coup de poignard à l’une des rares institutions ayant en France le pouvoir de la préserver », regrettent les porte-parole du parti dans un communiqué.

« La France sacrifie la biodiversité »

Les deux représentants d’Europe Ecologie Les Verts visent un projet de décret « relatif à la simplification de la procédure d’autorisation environnementale, en consultation publique jusque ce soir », qui « prévoit de transférer les compétences du CNPN aux conseils scientifiques régionaux du patrimoine naturel », instances selon eux « pas indépendantes ».

Ils y voient un « risque de voir les intérêts des marchés locaux et des conflits d’intérêts prendre le pas sur celui de la protection de la biodiversité ». En outre, « déléguer cette charge aux conseils régionaux, qui sont eux aussi surchargés, revient en pratique à une absence d’examen de projets destructeurs de l’environnement », affirment les écologistes, pour qui « la France sacrifie la biodiversité pour donner un chèque en blanc aux bétonneurs ».

Dans un rapport sans précédent publié lundi, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) peint un tableau sombre de l’avenir de l’être humain qui dépend de la nature pour boire, respirer, manger, se chauffer ou se soigner. Selon leurs conclusions, 75 % de l’environnement terrestre a été « gravement altéré » par les activités humaines et 66 % de l’environnement marin est également touché.