Pourquoi il faut arrêter de lâcher son chien lors des promenades en forêt

BIODIVERSITE Jusqu'à fin juin, l'office national des forêts lance une campagne à destination des propriétaires de chiens

Julie Urbach

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Illustration d'un chien pendant une promenade en forêt
Illustration d'un chien pendant une promenade en forêt — ARDEA/MARY EVANS/SIPA
  • Au printemps, la divagation des chiens hors des sentiers forestiers constitue une infraction, rappelle l'ONF.
  • Lâcher son animal peut perturber la faune sauvage, notamment pendant la période de reproduction et la saison des naissances.

« Forêts et dunes domaniales : gardons nos chiens sous contrôle ». Tel est le message martelé depuis quelques jours par l’office national des forêts. Depuis la mi-avril, des agents de cet organisme sillonnent les bois et les littoraux de France afin de vérifier que les propriétaires de chiens gardent bien leur toutou en laisse. Il faut dire que dans le cas contraire, jusqu’au 30 juin, ces derniers s’exposent à une contravention de classe 4 (135 euros) ! Car oui : la divagation en dehors des sentiers  constitue une infraction, et ce depuis un arrêté de mars 1955.

« On ne fait pas ça pour embêter les gens mais il faut qu’ils se rendent compte que lâcher son chien peut perturber la faune sauvage, notamment pendant la période de reproduction et la saison des naissances, indique Mickael Ricordel, chef de projet environnement à l’ONF Pays de la Loire. Le chien suit son instinct et vient perturber les populations d’animaux, dont certaines espèces ne se trouvent nulle part ailleurs. »

Le lapin des dunes en danger

Sur le littoral vendéen, par exemple, la situation des lapins de garenne, « indispensable au bon fonctionnement de l’écosystème auquel il appartient », inquiète particulièrement. Dans les dunes, de nombreux terriers sont détruits chaque année. Des carcasses d’animaux sont régulièrement retrouvées. « Les effectifs de ces lapins, déjà touchés par des maladies, dégringolent au fil des années, continue Mickael Ricordel. La perte de leur habitat ne les aide pas car ils se retrouvent ensuite dans de petites clairières, beaucoup moins favorables pour leur reproduction et leur alimentation. Ajoutons que leurs abris sont utilisés par d’autres espèces, comme le lézard ocellé : plus de lapin, plus de lézard… »

Selon l’ONF, d’autres petits mammifères et même des oiseaux sont concernés. «Pour les forêts, on peut citer les chevreuils et les faons, pour qui il y a des risques de mortalité chez le jeune, mais aussi des espèces d’oiseaux qui nichent au sol. Dérangés, certains peuvent abandonner leur couvée. On retrouve aussi parfois des oeufs piétinés. » Pour la préservation de la faune, l’ONF rappelle enfin qu’il est interdit de laisser traîner ses déchets.