Jusqu'à 1 million d'espèces pourraient être menacées d'extinction, selon un rapport de l'ONU

BIODIVERSITE Sur les 8 millions d'espèces estimées (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes) sur la planète, «un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies»

20 Minutes avec AFP

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Le koala est un animal menacé d'extinction.
Le koala est un animal menacé d'extinction. — Taronga Zoo/REX Shutter/SIPA

L’état des lieux de la biodiversité est aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique. Près d’un million d’espèces animales et végétales seraient menacées d’extinction, dont beaucoup « dans les prochaines décennies », selon un projet de rapport de l'ONU sur la biodiversité.

Eau potable, forêts qui absorbent le CO2, insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, poissons… Du 29 avril au 4 mai, à Paris, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) va se réunir pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans.

Le début de la 6e « extinction de masse »

Le rapport de 1.800 pages sur lequel travaillent 150 experts de 50 pays depuis 3 ans sera accompagné d’un « résumé pour les décideurs » qui doit être discuté ligne à ligne et adopté par les 130 pays membres de l’IPBES, sur le modèle des rapports du Giec sur le climat. Selon le projet de résumé, diverses « preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d’extinction des espèces (…) même si les facteurs (de cette extinction) ne s’intensifient pas ».

Sur les 8 millions d’espèces estimées (dont 5,5 millions d’espèces d’insectes) sur la planète, « un demi-million à un million d’espèces devraient être menacées d’extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies », poursuit le texte. Ces projections correspondent aux mises en garde de nombreux scientifiques qui estiment que la Terre est au début de la 6e «extinction de masse», la première attribuée à l’Homme qui a déjà fait disparaître au moins 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans.

L’agriculture, la pêche et la chasse, premières responsables

La disparition de cette biodiversité a un impact direct sur l’Homme. Nourriture, énergie, médicaments : « les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l’existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d’entre eux ne sont pas totalement remplaçables », met en garde le texte. Par exemple, plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois pour l’énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d’être pollinisées par des insectes. Premiers responsables de cette sombre situation : l’utilisation des terres (agriculture, exploitation forestière, mines) et l’exploitation directe des ressources (pêche, chasse).

Viennent ensuite le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dont l’impact est « à ce jour relativement moins important », mais « s’accélère ». Mais le texte met aussi en avant les liens entre cette perte de biodiversité et le changement climatique, parfois encouragés par les mêmes facteurs, en particulier le modèle agricole dans un monde de plus en plus peuplé. Le rapport estime d’autre part que trois-quarts des surfaces terrestres, 40 % de l’environnement marin et la moitié des cours d’eau ont été « gravement altérés ».