Nouvelle-Zélande: Le kakapo, plus gros perroquet du monde, sauvé par le réchauffement climatique?

REPRODUCTION Cet oiseau nocturne, qui peut peser jusqu’à 4 kg, est étroitement surveillé par les scientifiques 

20 Minutes avec AFP

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Un kakapo, espèce en voie de disparition, le 27 janvier 2019 en Nouvelle-Zélande.
Un kakapo, espèce en voie de disparition, le 27 janvier 2019 en Nouvelle-Zélande. — ANDREW DIGBY / New Zealand Department of Conservation / AFP

Presque disparu il y a 50 ans, le plus gros perroquet du monde va-t-il être sauvé par le réchauffement climatique ? C’est l’une des hypothèses des scientifiques qui surveillent de près le kakapo, ou perroquet-hibou, une espèce en danger native de Nouvelle-Zélande.

Sur les 249 œufs pondus par les femelles, quelque 75 oisillons devraient survivre cette année, a expliqué à l’AFP Andrew Digby, un conseiller scientifique pour le sauvetage du kakapo en Nouvelle-Zélande. C’est plus du double des chiffres de la dernière saison de reproduction il y a trois ans. Le programme de reproduction est suivi de tellement près que les scientifiques peuvent dire avec certitude que le dernier des 249 œufs pondus cette année devrait éclore vendredi.

Un accouplement tous les deux à quatre ans

On le croyait éteint jusqu’à la découverte de quelques adultes en 1970. Cet oiseau nocturne au plumage vert et jaune qui peut atteindre jusqu’à 60 cm et peser jusqu’à 4 kilos, et est le seul perroquet qui ne vole pas, compte actuellement une population de 147 adultes. Le kakapo est aussi un perroquet inhabituel pour ce qui est de ses habitudes reproductives, a expliqué Andrew Digby. Les femelles ne s’accouplent que tous les deux à quatre ans, lorsque les baies de rimu dont elles se nourrissent, une plante indigène à la Nouvelle-Zélande, sont particulièrement nombreuses.

« Nous ne sommes pas sûrs de la raison, mais la baie de rimu est particulièrement riche en vitamine D, et est un super aliment, associé à la fertilité et la bonne santé », a-t-il précisé. Et les baies de rimu ont été extrêmement nombreuses cette année, peut-être – c’est l’une des théories avancées – grâce au réchauffement climatique. Au début de la saison des amours, les mâles se pavanent devant les femelles, qui choisissent un partenaire.

Des oiseaux étroitement surveillés

Après l’accouplement, la relation se termine et le mâle ne participe ni au processus d’incubation ni à l’élevage. Les kakapos, – dont le nom signifie « perroquet de nuit » en maori – sont maintenus sur quatre îles au large des côtes néozélandaises sur lesquelles elles n’ont pas de prédateur.

Ils vivent à l’état sauvage, mais sont chacun munis d’un transmetteur radio, et les nids sont également surveillés. « C’est probablement l’une des espèces les plus étroitement surveillées au monde », a encore souligné Andrew Digby, qui explique que la surveillance pourra être allégée lorsque la population aura atteint au moins 500 individus.