Antibes: Claquette et pot de fleurs, des plongeurs nettoient les fonds marins

SOUS L'EAU Chaque mardi, des Antibois se mobilisent pour remonter à la surface les déchets. Cette semaine, ils ont récolté 30 kg d’ordures

Mathilde Frénois

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Chaque mardi, les bénévoles de l'association Fonds bleus nettoient les côtes d'Antibes.
Chaque mardi, les bénévoles de l'association Fonds bleus nettoient les côtes d'Antibes. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La pêche a été bonne ? C’est la question que l’on a posée à Jean-Claude Alunni quand il est revenu sur la plage après sa session d’apnée. On aurait aimé qu’il sorte de son filet une dorade et un oursin. Mais cet ancien chasseur-plongeur n’a remonté à la surface qu’un tas de déchets. Avec une dizaine de bénévoles de l’association Fonds bleus, il nettoie « chaque mardi » les zones de baignade d’ Antibes Juan-les-Pins.

Le déclic a eu lieu il y a trois ans : « A force de plonger et de voir des ordures, on a eu envie de les ramasser, explique Jean-Jacques Fieschi, l’autre plongeur, cofondateur de l’association. On n’a pas la prétention de nettoyer la mer. Mais si on peut passer un message de prévention écologique, c’est déjà ça. »

Le duo a débuté par les macrodéchets : les épaves du Cap d’Antibes, les pneus coincés dans la digue, les containers, les chariots de supermarché, les lavabos, les aspirateurs. « Ce ne sont pas des choses qui s’envolent et se retrouvent par hasard dans la mer, râle Jean-Jacques Fieschi. Les gens les ont intentionnellement jetés. »

Claquette et pot de fleurs

Cette semaine, dans les filets des plongeurs, environ 30 kg de déchets récoltés après des dizaines d’apnées. Pendant près de deux heures, la petite équipe a ratissé une surface grande comme un demi-terrain de football, tout près des plages de Juan-les-Pins.

Ils ont remonté une claquette, un pot de fleurs, des cannettes, des pailles, des gobelets en plastique… Et ont dû en laisser au fond, notamment le plastique déjà en décomposition et les mégots : « Quand les cigarettes sont jetés dans le caniveau, elles finissent dans les canalisations d’eau fluviales puis dans la mer. Et c’est fini, pointe Jean-Jacques Fieschi. C’est impossible à ramasser. Après, ce sont les poissons qui les mangeront. Et on aura des "rascasses Marlboro". »

Pour éviter d’arriver à ces poissons d’un nouveau genre, des villes prennent en main le nettoyage. Et la prévention. A Villeneuve-Loubet par exemple, « 152 tonnes de déchets ont été retirées sur les plages et dans les épis rocheux », annonce la commune. Deux journées d’action sont prévues en mai et en juin avant la période estivale et l’arrivée des touristes. De son côté, la ville de Cannes a pris des mesures pour interdire l’utilisation des gobelets et des fourchettes en plastiques dans ses kiosques de plage.