Pyrénées: Il pleut (et il neige) du plastique dans les montagnes de l'Ariège révèlent des scientifiques

POLLUTION Des chercheurs ont retrouvé une quantité «non négligeable» de microplastiques dans un coin des Pyrénées ariégeoises censé être épargné par ce type de pollution

Helene Menal

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Les Pyrénées ariégeoise sen février 2019.
Les Pyrénées ariégeoise sen février 2019. — N Stival - 20 Minutes
  • Après les villes et les océans, la pollution plastique atteint la montagne.
  • Des chercheurs ont retrouvé des particules de microplastique dans les pluies et neiges tombées dans un coin reculé des Pyrénées ariégeoises.
  • Elles ont été transportées par le vent mais leur origine reste à déterminer.

Normalement, une escapade en montagne est synonyme de grand bol d’air pur. Mais les apparences sont parfois trompeuses et la neige moins immaculée qu’elle n’en a l’air. Dans un article publié ce lundi dans la revue Nature Geoscience, des chercheurs de Toulouse, Orléans et Strathclyde (en Ecosse) démontrent qu’il pleut et qu’il neige du plastique, en quantité « non négligeable », dans les Pyrénées ariégeoises. Il s’agit plus exactement de chutes de microplastiques, des particules de moins de 5 millimètres, invisibles à l’œil nu.

Pour prélever leurs échantillons, durant cinq mois d’hiver, les scientifiques ont pris pourtant soin de sélectionner un coin supposé être à l’abri des activités humaines et industrielles. Il est situé à plus de 5 km de tout village et à 120 km de Toulouse, qui plus est en pleine zone Natura 2.000.

Origine mystérieuse

En dépit de cet isolement, les chercheurs ont décompté « plus de 365 particules de microplastiques par mètre carré et par jour ». Un niveau qu’ils n’avaient pas anticipé. « Il est étonnant et inquiétant de voir autant de particules trouvées sur le site des Pyrénées », souligne Steve Allen, chercheur associé au laboratoire EcoLab de Toulouse (CNRS- Université Paul-Sabatier, Insat) et doctorant à l’université de Strachclyde.

L’équipe a acquis la certitude que les fameux microplastiques ont été transportés là par le vent, « au moins sur une centaine de kilomètres ». Mais elle n’est pour l’heure pas en mesure de localiser leur source.

« Les facteurs de dégradation du plastique sont assez bien connus, mais les facteurs et les mécanismes de transport des microplastiques apparaissent complexes et constituent un nouveau domaine de recherche », souligne Deonie Allen d’EcoLab, coautrice de l’article.