EPR de Flamanville : Des travaux nécessaires sur huit soudures problématiques, avertissent des experts

NUCLEAIRE Les écarts de qualité à corriger devraient encore retarder le chantier de la centrale nucléaire

20 Minutes avec AFP

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Le chantier de l'EPR de Flamanville en 2016.
Le chantier de l'EPR de Flamanville en 2016. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Sur l'EPR de Flamanville, des soudures embarrassent EDF. Alors que le géant de l’électricité estime qu’elles peuvent rester en l’état, des experts de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estiment qu’EDF doit engager des travaux pour plus de sécurité.

Le groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaire (GP ESPN) de l’ASN a remarqué des « écarts » de qualité affectant huit soudures des tuyauteries principales d'évacuation de la vapeur du réacteur nucléaire. EDF souhaite de son côté faire la démonstration qu’elles n’ont pas besoin d’être reprises.

De nouveaux retards à prévoir

Mais cette option a été repoussée par les experts. Ils jugent que la première possibilité pour EDF est de « réparer ces huit soudures pour les mettre en conformité », indique l’ASN dans une note d’information. La seconde option consiste à « renoncer à la démarche d’exclusion de rupture les concernant en apportant des modifications au réacteur permettant de prendre en compte de telles ruptures dans sa démonstration de sûreté ».

Cette démarche dite d'« exclusion de rupture » consiste à estimer que le matériel atteint un niveau de qualité tel qu’une rupture peut être exclue par principe. Mais en renonçant à ce principe, EDF devrait engager des travaux complexes pour améliorer les systèmes de sécurité de son réacteur.

Sur la base de cet avis des experts, l’ASN doit désormais prendre prochainement une décision définitive sur ce dossier sensible. « Dès lors que le groupe permanent (d’experts) conforte l’opinion, que l’on avait déjà en fin d’année dernière, que la justification d’un maintien en l’état serait difficile, je pense qu’on devrait être en mesure de prendre position prochainement sur ce sujet », a indiqué à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. Le chantier de l'EPR risque fort désormais de connaître de nouveaux retards.