VIDEO. Et si les barquettes en plastique des plats à emporter étaient remplacées par du verre?

ENVIRONNEMENT Une association toulousaine va mener un test dans dix restaurants de la ville, en remplaçant les emballages jetables des repas par des boîtes en verre consignées

Beatrice Colin

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Le projet «En boîte le plat».
Le projet «En boîte le plat». — ETIC emballages
  • Etic Emballages, une association toulousaine créée en janvier dernier, veut réduire le nombre d’emballages jetables.
  • Son premier projet, baptisé « En boîte le plat », consiste à mettre en place un système de boîtes en verre consignées dans des restaurants qui font de la vente à emporter.
  • Une première phase d’expérimentation aura lieu du 22 avril au 12 juillet dans dix restaurants du centre-ville.

Chaque jour, des milliers de Toulousains achètent une salade ou un plat à emporter, très souvent conditionnés dans des barquettes en plastique. Et quasi systématiquement elles atterrissent à la poubelle. Etic emballages a fait ses calculs : plus de 3 tonnes de boîtes finiraient ainsi à l’incinérateur, même celles qui sont bio-sourcées.

Trop, beaucoup trop, selon cette association toulousaine dont les membres se sont donnés pour mission de « réduire les déchets d’emballages en réintroduisant la consigne, explique Jonathan Conan, et faire changer les habitudes des habitants de la Ville rose ».

Pour passer de l’idée à la pratique, ils ont décidé de monter le projet «En boîte le plat», tourné vers les restaurants qui proposent des plats à emporter.

Test auprès de dix restaurateurs

A partir du 22 avril et jusqu’au 12 juillet, dix restaurants du centre de la Ville rose vont ainsi expérimenter cette consigne. En échange de 5 euros, les clients repartiront avec leur repas emballé dans une boîte en verre. A eux ensuite de ramener ces emballages durables s’ils veulent récupérer leur monnaie.

« A terme, nous allons essayer de mettre en place un réseau de boîtes en verre à l’échelon d’une grande ville, ce qui n’a jamais été tenté. Mais avant nous avons besoin de passer par cette phase d’expérimentation », poursuit Jonathan Conan dont l’association a été créée en janvier dernier.

Les boîtes pourront être ramenées sales chez le restaurateur, qui de son côté va payer de 30 à 50 centimes pour ce service. L’association assurera un système de tournée matinale à vélo au cours de laquelle tous les emballages seront récupérés ou livrés, avec l’objectif de créer des emplois et de participer à l’économie circulaire.

Pour commencer, Etic Emballages a investi dans 300 boîtes et espère atteindre rapidement 30 à 60 consignes chaque jour lors de sa phase de test. Dans ce cadre-là, ils ont lancé une opération de financement participatif sur la plateforme Hello Asso.

« Prise de conscience »

Ils pourront compter sur les deux fondatrices du restaurant «Silex & Fourchette» pour en faire la promotion. Les deux jeunes femmes qui ont lancé leur établissement de « paléo food » ont déjà mis en place la consigne pour leurs desserts et les boissons.

« Ça marche très bien. Nous sommes déjà investies, nous avons ainsi des pailles en inox, des serviettes recyclées, un composteur, leur projet correspond à ce que nous défendons. Avec leur consigne, il y a un coût au départ, certains clients sont peut-être moins réceptifs, mais il y a une vraie prise de conscience », assure Anne, l’une des deux cheffes.

Reste à savoir si les Toulousains seront tous aussi investis. Selon un sondage réalisé fin 2018 par l’association auprès de 500 Toulousains, 70 % d’entre eux affirmaient être mécontents des emballages alimentaires utilisés par les établissements de vente à emporter. Et autant affirmaient être prêts à passer au système de consigne… Comme au bon vieux temps.