VIDEO. Strasbourg: Un projet pour mieux cerner la population de ragondins

INFO «20 MINUTES» La ville et ses partenaires veulent mieux connaître, pour mieux la gérer, la population des ragondins ultra-présente sur son territoire

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Un projet pour mieux cerner les ragondins.
Strasbourg: Un projet pour mieux cerner les ragondins. — G. Varela / 20 Minutes
  • Au moment où Strasbourg entend renouer avec la baignade urbaine, la ville aimerait avoir une meilleure connaissance de la présence des ragondins sur son territoire.
  • Un travail commence avec l'université pour faire un état des lieux de la présence du rongeur et définir des solutions pour mieux réguler cette population.

Strasbourg se penche sur le cas des ragondins. Pas pour les mettre à l’adoption –le poisson d'avril de la collectivité a pourtant rencontré un vif succès – mais pour mieux cerner cette population de rongeurs, ultra-présente dans la capitale alsacienne. C’est simple, si vous vous êtes un jour promenés sur la presqu’île Malraux, autour de l’Ill ou du côté des Rives de l’Aar, vous avez sans doute croisé cette grosse bête à la longue queue près de l’eau.

Mais au moment où la ville de Strasbourg entend renouer avec la baignade urbaine (s’il est possible d’écarter le risque de leptospirose, c’est quand même mieux), tout en travaillant sur l’impact pour la biodiversité et la relation homme-animal en milieu urbain, la ville aimerait avoir une meilleure connaissance de la présence des ragondins sur son territoire.

Combien, où et quel comportement des ragondins?

Alors, les ragondins, qui sont-ils, que veulent-ils, quels sont leurs réseaux ? Pour essayer d’en savoir plus les adjoints au maire de Strasbourg Christel Kohler et Jean-Baptiste Gernet, respectivement en charge de la ville en nature et de la vie fluviale, travaillent sur ces questions avec l’université dans le cadre d’une Zone atelier environnementale urbaine (ZAEU). « Jusqu’à présent, on a une simple carte de l’ Odonat qui signale la présence de ragondins mais pas la quantité, réalisée en récoltant des informations des habitants, débute Christel Kohler. On veut en savoir plus : où il y en a, sur quelle distance, quel comportement… »

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C’est donc un véritable état des lieux de, il faut le rappeler, cette espèce exotique invasive qui est attendu. « Les ragondins sont classés parmi les nuisibles. Ils ont été importés d’Amérique du sud au 19e siècle pour leur fourrure. Une fois les entreprises fermées, ils ont été en partie placés au zoo de l’Orangerie et en partie relâchés dans la nature », explique l’adjointe au maire.

Son collègue Jean-Baptiste Gernet embraye : « Leur prolifération va extrêmement vite : il y a entre 6 à 12 petits par portée et 2,7 portées par an. Ils vivent jusqu’à 12 ans, et les ragondins n’ont pas de prédateurs ». Les problèmes environnementaux que pose le rongeur peuvent donc être conséquents : « C’est un animal qui mange beaucoup, en moyenne 1,5 kg de végétaux par jour. Ça a donc un impact sur la richesse faunistique. Et ils créent des galeries d’un à cinq mètres tous les 60 mètres, ce qui pose un problème de stabilité des berges. On se demande aussi dans quelle mesure les ragondins ne vont pas entrer en compétition sur l’habitat des castors, qui sont eux à protéger », soulignent encore les élus.

Nourrir le ragondin peut coûter 450 euros

Les résultats de l’étude, qui comprend notamment un comptage physique sur les berges, sont attendus courant 2019. Outre une meilleure connaissance de la population des rongeurs, ce travail doit déboucher sur une série de solutions visant à la réguler (comme l’hypothèse de la stérilisation) ou de la cantonner à certains endroits éloignés des lieux de baignade.

L’étude ne résoudra pas en revanche le problème du nourrissage : certains Strasbourgeois adorent donner du pain ou autres aliments aux ragondins. Pourtant nourrir ce nuisible est passible d’une amende de 450 euros. « Un tout petit sondage effectué par des étudiants sur la perception du ragondin montrait que la moitié des personnes interrogées avait une bonne opinion. Il y a un enjeu pédagogique. Comme pour les cygnes, il faudrait une campagne de communication beaucoup plus choc », souffle Christel Kohler, qui animera d’ailleurs une conférence de presse ce vendredi sur le nourrissage des oiseaux.