Pesticides: Un préfet nommé pour coordonner la transition agroécologique

ENGRAIS Sur sa « to do list » : le glyphosate, mais pas seulement

20 Minutes avec AFP

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Un champ aspergé de pesticides. (illustration)
Un champ aspergé de pesticides. (illustration) — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Le préfet Pierre-Etienne Bisch va coordonner les acteurs publics et privés engagés en faveur de la réduction des usages de produits phytosanitaires dans toute la France, a indiqué mercredi le gouvernement dans un communiqué. Il présidera une « task force » chargée du suivi des mesures de transition agroécologique dans les fermes françaises.

Alors que l’usage des pesticides de synthèse a globalement continué de progresser en France malgré deux plans successifs lancés depuis 2008, le gouvernement réaffirme sa « volonté ferme d’atteindre les objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques de moitié d’ici à 2025 et de sortie du glyphosate pour une majorité des usages d’ici fin 2020 ».

Outre une mobilisation des préfets de régions et des acteurs du secteur, les moyens alloués à la recherche pour réduire l’addiction de l’agriculture et de l’élevage aux produits phytosanitaires de synthèse vont être parallèlement renforcés, avec une dotation de 30 millions d’euros. Les chercheurs sont chargés d’identifier « des voies alternatives » aux phytosanitaires. L’appel à projets sera lancé en juin.

La question des pesticides naturels se pose aussi

Sur le glyphosate, une enquête sera lancée d’ici à l’été chez les agriculteurs pour « mieux connaître les pratiques de désherbage et mesurer l’évolution des pratiques », alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) conduiront une « évaluation comparative des produits à base de glyphosate ».

Le gouvernement confirme aussi s’attaquer aux pesticides naturels, épandus en agriculture biologique, lorsque ceux-ci deviennent polluants pour les sols. Ainsi une feuille de route doit être finalisée pour « développer des alternatives à l’usage du « cuivre » en viticulture ». Le cuivre est l’un des principaux pesticides naturels utilisé en viticulture bio pour réduire la pourriture des grappes et s’attaquer au mildiou. Sa surabondance pourrait mettre en danger des nappes phréatiques.

Une « stratégie nationale » de déploiement du biocontrôle doit aussi faire l’objet d’une « consultation » d’ici juin. Enfin, les modalités d’épandage devraient être discutées au sein de deux groupes de travail d’ici l’été pour « protéger les agriculteurs, riverains et pollinisateurs ».