VIDEO. Lyon: Plus de la moitié des écoles et des crèches sont cernées par la pollution de l'air, selon Greenpeace

AIR Dans une étude, Greenpeace révèle que 53 % des écoles et crèches situées à Lyon et dans sa proche périphérie se trouvent à moins de 200 m de niveaux illégaux de pollution de l’air

Elisa Frisullo

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Selon l’ONG, 53 % des écoles et crèches sont situés à moins de 200 m d’une zone où la pollution au dioxyde d’azote dépasse le niveau légal. Illustration.
Selon l’ONG, 53 % des écoles et crèches sont situés à moins de 200 m d’une zone où la pollution au dioxyde d’azote dépasse le niveau légal. Illustration. — Elisa Frisullo / 20 Minutes
  • Greenpeace dévoile ce mardi une carte interactive de la pollution au dioxyde d’azote entourant les écoles et crèches de Lyon et de sa proche banlieue.
  • Selon l’ONG, 53 % de ces établissements sont situés à moins de 200 m d’une zone où la pollution au dioxyde d’azote dépasse le niveau légal. Et 13 % se trouvent à moins de 50 m d’une zone « extrêmement polluée ».

« La santé de milliers d’enfants est en jeu. » Après Paris, Marseille et Strasbourg, Greenpeace dévoile ce mardi une carte interactive sur la pollution de l’air au dioxyde d’azote (NO2) aux abords des écoles et des crèches de Lyon et de sa proche banlieue. Selon l’ONG, 53 % de ces établissements accueillant des enfants sont situés à moins de 200 m d’une zone où la pollution au dioxyde d’azote dépasse le niveau légal.

Pire : 13 % de ces écoles et crèches se trouvent à moins de 50 m d’une zone « extrêmement polluée où la norme européenne et française de 40 microgrammes par m3 est dépassée ». Dans Lyon intra-muros, les chiffres « sont encore plus inquiétants », selon Greenpeace, puisque 67 % des écoles et crèches sont situées dans un rayon de 200 m des zones polluées et 18 % à moins de 50 m. 20 Minutes vous explique ce qu’il faut retenir de cette étude.

 

 

Retrouvez la carte interactive par ici

Quels sont les secteurs et établissements concernés ?

Pour mener son étude, l’ONG a croisé la carte de la pollution au dioxyde d’azote (en moyenne annuelle) réalisée en 2017 par Atmo Auvergne Rhône-Alpes avec la cartographie des établissements accueillant des enfants. En fonction des résultats obtenus, les écoles et crèches ont été classées en quatre catégories, allant du vert au rouge, selon les niveaux d’exposition entourant les établissements. Sans surprise, les écoles et les crèches les plus cernées par la pollution de l’air sont situées aux abords des grands axes de circulation, le transport routier étant le premier émetteur de NO2 dans la métropole lyonnaise.

Greenpeace constate ainsi de forts niveaux de pollution dans un rayon de 50 m autour des établissements lyonnais situés le long des quais du Rhône, aux abords du centre d’échange de Perrache, grande rue de la Guillotière ou encore boulevard Vivier-Merle. A Villeurbanne, les établissements à proximité du périphérique Laurent-Bonnevay ne sont pas mieux lotis. Parmi les lieux les plus exposés à ces seuils « illégaux et inacceptables », l’école primaire Michel-Servet (Ier) affiche un niveau de pollution au NO2 de 128 µg/m3. Un triste record pour ce groupe scolaire situé aux abords du tunnel sous la Croix-Rousse, où la pollution de l’air mobilise les parents d’élèves depuis plusieurs années. Au centre d’échange de Perrache, où est localisée une crèche, le niveau d’exposition grimpe à 178.1 µg/m3 dans un rayon de 50 mètres autour de l’établissement.

Quels risques pour la santé

En réalisant cette cartographie, l’objectif de Greenpeace est à la fois d’informer le grand public et d’alerter les élus sur la nécessité d’agir pour lutter contre la pollution de l’air. L’ONG s’est concentrée sur les niveaux annuels de pollution au dioxyde d’azote pour évaluer l’exposition chronique des enfants. Autrement dit, la qualité de l’air qu’il respire tout au long de l’année et non lors des seuls pics de pollution. « C’est l’exposition chronique à la pollution de l’air qui conduit aux impacts les plus importants sur la santé », précise Greenpeace. Plus vulnérables que les adultes à la pollution, les enfants vivant dans des zones très polluées sont davantage susceptibles de développer des symptômes respiratoires (toux, respiration sifflante…), selon un rapport publié en 2016 par le Royal College of Physicians. 

Et après ?

En 2015, selon l’ONG, le transport routier représentait 60 % des émissions d’oxydes d’azote. « Pour que les enfants puissent respirer, l’ensemble de la métropole doit être libéré des gaz d’échappement des voitures et des poids lourds », indique Greenpeace. Les militants, particulièrement actifs dans l’agglomération depuis le début de l’année, ont lancé une pétition, signée par près de 20.000 personnes, pour réclamer au maire de Lyon et au président de la métropole de vraies mesures contre la pollution de l’air. Fin janvier, le conseil de la métropole a voté l’instauration d’une zone à faibles émissions (ZFE) qui interdira, dès 2020, la circulation des utilitaires et des camions les plus anciens à Lyon et sur certains secteurs de Villeurbanne, Caluire, Bron et Vénissieux.

« Cette ZFE constitue certes un premier pas, mais ce n’est clairement pas suffisant », estime Greenpeace, indiquant que « cela ne peut être qu’une première étape pour planifier une sortie de l’ensemble des véhicules les plus polluants de la métropole ». L’ONG réclame notamment une sortie des véhicules diesel « particulièrement nocifs pour la santé » d’ici à 2025. Parmi les mesures qu’ils défendent, les militants écologistes plaident aussi pour un développement du réseau de tramways dans les zones mal desservies, pour une hausse des pistes cyclables desservant les première et deuxième couronnes, et s’opposent au projet d’autoroute urbaine de l’Anneau des Sciences.