Grenouilles, crapauds et autres amphibiens victimes d’un champignon mortel dévastateur

ANIMAUX Près de 500 espèces de batraciens dans plus de 60 pays sont touchées par la quitridiomicosis, une maladie extrêmement contagieuse

20 Minutes avec agences
— 
Une grenouille (illustration
Une grenouille (illustration — Pixabay

Grenouilles, des crapauds et autres batraciens sont en danger. Une maladie mortelle touchant les amphibiens s’est transformée en une « épidémie mondiale » qui a déjà causé la disparition de 90 espèces, a averti jeudi le biologiste américain Jonathan Kolby lors du Congrès international sur la santé de la faune aquatique à Santiago (Chili).

La quitridiomicosis est une maladie causée par un champignon qui attaque la peau de ces animaux en leur faisant produire une quantité anormale de kératine, la protéine de base de l’épiderme. Chez ces animaux qui utilisent la peau pour respirer et réguler leur niveau d’eau dans le corps, l’infection finit par générer une insuffisance cardiaque qui conduit à la mort.



Soixante pays et 500 espèces concernés

« C’est le premier cas d’une épidémie mondiale pour une maladie de la faune. Actuellement plus de 60 pays sont concernés », explique Jonathan Kolby, coauteur d’une étude publiée le 29 mars dans la revue Science sur les effets dévastateurs du champignon « Batrachochytrium dendrobatidis ». Près de 500 espèces de batraciens sont touchées par cette maladie extrêmement contagieuse.

Sa rapide propagation dans le monde est due à l’absence de règles pour le commerce des animaux et au manque de surveillance dans les aéroports, ce qui facilite l’entrée d’espèces sans aucun contrôle vétérinaire. « Nous devons nous concentrer sur les régulations commerciales pour résoudre ce problème », estime le chercheur américain.

Rien qu’aux Etats-Unis, plus de cinq millions d’amphibiens entrent dans le pays chaque année, rappelle le scientifique. « La mondialisation est bonne pour les humains, mais elle a des conséquences pour les animaux », souligne-t-il.

Une mutation génétique

Pour l’heure, l’Australie et les pays d’Amérique latine sont ceux où la maladie est la plus répandue. Les échanges entre ces pays et l’Asie, d’où est originaire le champignon, seraient à l’origine de sa propagation. Les scientifiques émettent également l’hypothèse d’une mutation génétique du champignon qui l’aurait rendu plus dangereux.

Les amphibiens ont un rôle majeur pour la conservation de la qualité des milieux aquatiques. Ils se nourrissent aussi de moustiques, vecteurs de maladies pour l’humain telles que le paludisme et le zika.