« Il paraît que le bruit des éoliennes provoque des cancers », assure Trump

FAKE NEWS Donald Trump n’hésite pas à utiliser des arguments branlants -du moins non prouvés scientifiquement-, pour justifier tout le mal qui pense de l’énergie éolienne

F.P.

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Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor.
Une éolienne, ici à Plémet, dans les Côtes d'Armor. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

C’est une position que Donald Trump partage avec Marine Le Pen : la fronde contre l’énergie éolienne. La présidente du Rassemblement national, qui réclamait déjà un moratoire sur l’installation de nouvelles éoliennes à la présidentielle de 2017, est revenue à la charge ces derniers jours en dénonçant à plusieurs reprises un coût de l’éolien de « huit milliards d’euros » sur la facture d’électricité » des Français.

« Il paraît que ça provoque des cancers »

Une estimation largement gonflée par rapport à l’estimation de la Commission de régulation de l’énergie (Lire l’article de ce mercredi de la rubrique Fake Off de 20 Minutes). De son côté, le président américain y va fort aussi. Mardi, devant le Comité national républicain, Donald Trump s’est évertué à expliquer en quoi les éoliennes sont très mauvaises et nocives à l’aide d’arguments branlants. « Il paraît que le bruit des éoliennes provoque des cancers », a-t-il notamment lancé.

Des cas de stress ou de problèmes de sommeil générés par le bruit des éoliennes ont en effet été constatés et l’Académie de médecine reconnaît un risque de traumatisme sonore lié au son audible des éoliennes, précise Le Parisien. Mais des cancers ? Non. Aucune étude scientifique ne permet pourtant d’établir un lien de causalité entre le bruit des turbines et les maladies, indiquait cette même Académie de médecine dans un rapport publié au printemps 2017.

« Votre maison perd 75 % de sa valeur »

Donald Trump assure aussi que « si vous habitez près d’une éolienne, votre maison perd 75 % de sa valeur », sans préciser d’où il tient ce pourcentage. Plusieurs expertises indépendantes ont été menées à travers le monde pour tenter de déterminer l’impact des parcs éoliens sur la valeur de biens immobiliers à proximité.

Aux Etats-Unis par exemple en 2009 par le « Lawrence Berkeley National Laboratory ». L’étude la plus complète à ce jour, estime le site Internet « Décrypter l’énergie ». Elle a porté sur l’analyse fine de la vente de 7 500 maisons (avec visite de chacune), localisées jusqu’à 16 km de 24 parcs éoliens terrestres dans 9 États différents, en prenant en compte les transactions avant et après l’installation des éoliennes. Bien que les chercheurs n’écartent pas la possibilité que des maisons individuelles aient été ou pourraient être touchées négativement, ils constatent que, dans l’échantillon de foyers analysés, ces impacts négatifs sont trop petits et/ou trop rares pour être statistiquement observables.