Strasbourg: Un tiers des écoles et des crèches directement exposées à des niveaux «illégaux» de pollution dans l'air

ALERTE Greenpeace révèle qu’un tiers des écoles et crèches strasbourgeoises sont exposées à des niveaux de pollution qui dépassent les normes européennes

Nils Wilcke

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Plus d'un tiers des écoles et des crèches de Strasbourg sont directement exposées à des niveaux «illégaux» de pollution de l'air
Plus d'un tiers des écoles et des crèches de Strasbourg sont directement exposées à des niveaux «illégaux» de pollution de l'air — Bony/SIPA
  • Greenpeace révèle dans une étude qu’un tiers des écoles et crèches de Strasbourg sont exposées à des niveaux « illégaux » de pollution dans l’air dans un rayon de cinquante mètres.
  • L’ONG réclame des gestes forts des pouvoirs publics pour diminuer le trafic routier.

« Votre enfant respire-t-il un air trop pollué ? ». Une phrase et des chiffres chocs. Dans une étude publiée ce mardi, Greenpeace révèle que 34 % des écoles et des crèches de Strasbourg et ses environs se situent à moins de 200 mètres d’une zone où la pollution de l’air au dioxyde d’azote dépasse le niveau légal.

Pire, 5 % d’entre elles sont exposées à des niveaux d’exposition au dioxyde d’azote au-dessus des normes légales dans un périmètre de 50 mètres autour des établissements concernés. « C’est la santé de nos enfants qui est en jeu », alerte l’ONG, qui a déjà tenté de sensibiliser le grand public et les autorités à la pollution de l’air à travers une campagne de graffs en début d’année.

Comment expliquer un tel niveau de pollution ?

Sur le secteur de l’Eurométropole strasbourgeoise, le transport routier est désigné comme le principal responsable de la pollution de l’air par Greenpeace. « A l’échelle de la métropole c’est le premier secteur émetteur d’oxydes d’azote. Il représentait, en 2016, 58 % des émissions », explique l’ONG dans son étude.

Or, « une étude récente conduite auprès de 11.000 enfants aux Etats-Unis a conclu que les enfants vivant à moins de 500 mètres d’une route congestionnée présentaient plus de retard de développement de leurs poumons », rappelle Greenpeace. « Pour qu’ils puissent respirer sans danger, l’ensemble de la ville et la métropole de Strasbourg doivent être libérés des gaz d’échappement des voitures et des poids lourds, en priorité les diesels particulièrement nocifs », ajoute l’ONG.

Quels établissements sont concernés ?

Pour réaliser cette étude, Greenpeace a croisé les données de la pollution de l’air extérieur au dioxyde d’azote produites par ATMO Grand Est pour l’année 2017 et la carte des établissements accueillant des enfants. Outre Strasbourg, plusieurs communes adjacentes sont prises en compte, de La Wantzenau à Eschau en passant par Bisheim, « afin de mettre en évidence la problématique de la pollution de l’air à l’échelle de l’agglomération strasbourgeoise ». Greenpeace s’est focalisé sur la pollution de l’air au dioxyde d’azote, soupçonnée de provoquer de nombreux problèmes de santé, voire des décès chaque année.

Une norme française et européenne fixe le seuil légal à ne pas dépasser à 40 microgrammes par m3. Or, cette norme est franchie dans un rayon de 50 mètres par vingt écoles et crèches. On trouve par exemple l’école maternelle Louise Scheppler. Coincé entre une autoroute, une voie de chemin de fer et un transformateur électrique de lignes à haute tension, l’établissement pâtit de sa proximité avec le quartier de la gare. Mais aussi la crèche Orange Tree, située Avenue des Vosges. Là encore, pas de surprise, les boulevards de Strasbourg sont champions du monde de la pollution. Ou encore l'école NovAgora, dans le quartier de Neudorf, proche de l'Avenue du Rhin où la pollution autoroutière est critique.

Quelles solutions pour améliorer la qualité de l’air ?

L’ONG réclame en priorité la création d'« une zone de faibles émissions ». Comme 14 autres zones en France, la métropole de Strasbourg s’est engagée à créer d’ici à fin 2020 une zone à faibles émissions (ZFE) où la circulation des véhicules les plus polluants sera interdite. Qu’en disent les élus ? « Le dialogue a été engagé avec l’Eurométropole, explique à 20 Minutes l’ONG. Nous avons été reçus et écoutés. Maintenant, nous attendons des gestes forts pour diminuer la pollution de l’air à Strasbourg ». Affaire à suivre.