Côte d’Azur: Face à face entre un enfant et le loup, un Azuréen prépare un documentaire dans le Mercantour

ANIMAUX Le réalisateur Rémy Masséglia tourne un film avec sa fille dans la Roya

Mathilde Frénois

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Un documentaire sur le loup est en cours de tournage dans la vallée de la Roya.
Un documentaire sur le loup est en cours de tournage dans la vallée de la Roya. — T. Barra

Naïs a deux ans. Elle sait déjà reconnaître une crotte de loup, repérer une trace, suivre une piste et détecter les lieux de breuvage. Ces connaissances du terrain, la petite fille ne les a pas découvertes dans les contes et les livres. Mais sur le tournage d’un documentaire réalisé par son père, Rémy Masséglia. Naïs est le personnage principal d’un film sur le loup dans la vallée de la Roya, au cœur du parc du Mercantour.

Le tournage, qui a débuté en mai 2018, durera trois ans. « Le tout premier loup que l’on a observé, c’était l’année dernière. J’étais parti avec ma fille en montagne. On a accroché une caméra de détection à un arbre dans une petite prairie, se rappelle Rémy Masséglia. Sur les images, on s’est aperçu que, 40 minutes après notre départ, une louve est venue renifler l’endroit où j’avais posé le sac de Naïs. Il se trouve que cette louve était prête à mettre bas et que l’on était sur une zone potentielle de tanière. » C’est la vision de ce loup qui déclenchera le tournage du film. « Je me suis rendu compte que Naïs avait un regard intéressant et neutre sur les animaux, pointe-t-il. Elle n’est pas encore sensibilisée aux traditions populaires et à l’image fantasmagorique du grand méchant loup. Pour elle, voir un loup c’est comme voir un mouton. Il n’y a rien d’exceptionnel. D’un coup, toutes les espèces sont remises au même niveau. »

Rémy Masséglia réalise un documentaire sur le loup, dans lequel sa fille sera le personnage principal.
Rémy Masséglia réalise un documentaire sur le loup, dans lequel sa fille sera le personnage principal. - T. Giraud

Témoignages des bergers

Le réalisateur met un point d’honneur à rester en autoproduction. En mai, Rémy Masséglia lancera un crowdfunding pour finaliser son projet. Pour le moment, il est en partenariat avec le parc du Mercantour et une marque qui vend des pièges-photos. Loin de vouloir réaliser un reportage sur les relations passionnelles qu’entretiennent l’homme et le loup depuis son retour, Rémy Masséglia s’appuie tout de même sur le témoignage de bergers, sur l’analyse de spécialistes du loup et de la biodiversité.

« L’objectif, c’est de voir cette petite fille grandir avec moi sur le terrain, avec pour objectif de rencontrer les loups de visu, espère le vidéaste. Dans ce film, on s’intéresse au milieu naturel. On veut comprendre le fonctionnement de cet animal et de la meute. » Pour cela, Rémy Masséglia a placé quinze caméras sur le terrain. Et il parcourt des centaines de kilomètres avec Naïs dans son dos. Une petite fille qui aura grandi « auprès des loups » jusqu’à ses trois ans.