Ariège: «Allumer un feu dans ces conditions s'apparente à de la pyromanie», des écologistes portent plainte contre l'écobuage sauvage

PYRENEES En Ariège, des associations écologistes déposent plainte ce mardi contre un écobuage sauvage qui a ravagé 100 hectares. Elles assimilent cette pratique à de la pyromanie

Helene Menal

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Intervention de pompiers sur un incendie de forêt. (Illustration).
Intervention de pompiers sur un incendie de forêt. (Illustration). — LILIAN AUFFRET/SIPA

« Allumer un feu dans ces conditions s’apparente à de la pyromanie : il y a un plaisir malsain à défier ainsi la nature et la loi, quoi qu’il en coûte aux pompiers et à la collectivité ». Ce constat incendiaire sur l’écobuage, cette pratique qui consiste à débroussailler par le feu, est de Marcel Ricordeau, le président du Comité écologique ariégeois (CEA). Ce jeudi, son association et France Nature Environnement Midi-Pyrénées annoncent un dépôt de plainte auprès du procureur de la République de Foix.

Dans leur collimateur, un « écobuage non déclaré » et mal maîtrisé qui a ravagé une centaine d’hectares sur les hauteurs du village de Bédeilhac-et-Aynat le 3 mars 2019. Il a fallu 70 sapeurs-pompiers pour maîtriser l’incendie alors même que la préfète de l'Ariège avait interdit l’écobuage après une série de feux.

Faune et flore souffrent de ces incendies

« Outre la violation de cette interdiction, cet incendie a conduit à la destruction de nombreux habitats d’espèces protégées inventoriés sur ce secteur (faucon crécerelle, milan royal, vautour fauve, accenteur mouchet, et.). Et comme à chaque feu de pleine nature, les micromammifères, les reptiles, les batraciens, les insectes et la microfaune du sol en pâtissent », constatent les deux associations.

Elles demandent une condamnation « sévère par les juridictions pénales de ces faits trop souvent constatés dans les Pyrénées » et qu’elles assimilent à « un acte criminel ».