VIDEO. Traversée en tonneau de l’Atlantique: «C’est comme gravir l’Everest ce qu’il fait là!»

AVENTURE DE FOU Raymond aide quotidiennement son ami Jean-Jacques Savin à réaliser son exploit depuis la terre

Propos recueillis par Clément Carpentier

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Jean-Jacques Savin sur son tonneau.
Jean-Jacques Savin sur son tonneau. — TESA
  • Un Girondin tente de traverser l’Atlantique à bord d’un tonneau.
  • Son ami, Raymond, resté à terre, raconte comme il aide au quotidien l’aventure.
  • Il affirme que Jean-Jacques Savin est dans la dernière ligne droite de son périple.

Depuis le 26 décembre dernier, 20 Minutes vous fait suivre l’incroyable aventure de Jean-Jasques Savin. Ce retraité girondin de 72 ans tente de traverser l’océan Atlantique à bord d’un tonneau simplement poussé par le courant et le vent. Lors des épisodes précédents, il nous a parlé de l’aventure humaine puis scientifique mais cette fois-ci, c’est son ami de longue date, Raymond, qui nous raconte comme il vit cette épopée depuis la terre où il aide Jean-Jacques Savin à réaliser son exploit.

Comment se passent les relations entre vous ?

Je le suis de très près. Tous les jours, il m’envoie un point GPS autour de 9h du matin pour le répertorier sur une carte. On échange également quasiment quotidiennement des textos ou des mails. Mais ce n’est pas toujours évident car les dossiers sont parfois trop lourds notamment s’il y a des photos.

Vous avez aussi participé à la construction de ce tonneau ?

Oui, j’ai fait toute l’installation électrique à bord. C’est un aménagement assez classique pour un bateau, rien d’extraordinaire. Les deux batteries sont installées de façon à résister même à un chavirage. Pour l’instant, elles fonctionnent parfaitement avec les deux panneaux solaires. Il n’y a pas eu de problème. On a mis des prises de 12 volts pour brancher un portable ou des clés USB et des LEDs pour économiser de l’énergie.

Où en est-il dans son voyage ?

Il a fait 75 % du chemin mais il est encore trop tôt pour dire son point d’arrivée. Il peut arriver aux Antilles britanniques dans 15-20 jours, en République Dominicaine dans un mois voire à Cuba ou encore en Floride (rires). Tout dépend des vents. C’est la dernière ligne droite, c’est sûr ! Le principal, c’est d’arriver avant la période des cyclones (juillet/août).

Comment vivez-vous ça à distance ?

C’est super intéressant. Je suis comme lui donc je sais un peu ce qu’il ressent. Mais franchement, faire ça dans un tonneau et non dans un bateau, c’est exceptionnel ! Il peut juste sortir pour nager. C’est une forme de vie très particulière. Cette aventure, c’est bien plus mental que physique. C’est un Everest ce qu’il fait là !

Avez-vous eu peur à un moment ?

Oui, une fois au départ ! Il ne m’a pas communiqué ses données GPS. Pendant toute une journée, on est restés sans nouvelle de lui ! J’ai eu une petite frayeur. Le week-end dernier, ça a été chaud aussi. Il a été ravitaillé mais il y avait beaucoup de courants. Il a failli casser un hublot du tonneau.

Jean-Jacques Savin sur sa « barrique » avant le grand départ le 14 janvier.
Jean-Jacques Savin sur sa « barrique » avant le grand départ le 14 janvier. - Tonnellerie Boutes

Serez-vous à l’arrivée ?

Oui, je vais y aller mais pour l’instant, je ne sais pas quelle destination prendre pour mon billet d’avion (rires) ! Mais, on y sera. On ira le rechercher grâce à un petit bateau car il ne faut pas non plus qu’il s’échoue sur des cailloux.

Jean-Jacques Savin dans son tonneau.
Jean-Jacques Savin dans son tonneau. - Jean-Jacques Savin