Un dauphin en mer Méditerranée (illustration).
Un dauphin en mer Méditerranée (illustration). — V. Hache / AFP

MER

Des mesures pour réduire le nombre de dauphins échoués sur les côtes

Le nombre de dauphins retrouvés sur les plages est en très grande augmentation depuis deux ans

« Il faut qu’on sache exactement ce qu’il se passe. » Pêcheurs et chercheurs naviguent à vue face à la recrudescence des captures accidentelles de dauphins, dont plus de 1.100 ont été retrouvés échoués sur la côte atlantique depuis janvier. François de Rugy a annoncé ce vendredi des mesures pour tenter d’enrayer l’hécatombe.

« On a des dauphins qui arrivent à la côte avec des traces, on peut avérer que c’est de la capture accidentelle mais on ne peut pas détecter quel engin de pêche a contribué à ça. Il faut qu’on sache exactement ce qu’il se passe », explique Willy Dabin, chercheur à l’Observatoire Pelagis, spécialisé dans les mammifères et oiseaux marins.

Hausse du budget

Le ministre de la Transition écologique était vendredi en début d’après-midi à La Rochelle, où se situe Pelagis, pour annoncer des mesures afin de tenter d’endiguer ces chiffres préoccupants qui, selon les chercheurs, augmentent d’année en année depuis 2017. Au programme notamment 100.000 euros de plus, soit 400.000 au total, pour le centre de recherche.

Aussi, le ministre veut étudier la possibilité de créer des « sancturaires marins » sans calendrier concret pour le moment. Par ailleurs, Paris a annoncé sa volonté de discuter avec ses voisins européens de la problématique des dauphins échoués, le droit de la pêche relevant du droit communautaire. Les pêcheurs français demandent un effort collectif, visant leurs homologues espagnols ou portugais qui naviguent dans les mêmes eaux qu’eux.

Les pêcheurs mis en cause

La pêche est très active dans le Golfe de Gascogne entre décembre et fin avril. « On le sait, les captures dans les filets de pêche sont la première cause de mortalité des mammifères marins et la première menace sur leur survie », alerte Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.

Pourtant, les chalutiers pélagiques français ont équipé dès 2005 leurs navires de pingers (des répulsifs sonores qui effarouchent les dauphins). Résultat : une réduction d’environ 60 % des captures accidentelles, ont constaté pêcheurs et chercheurs.

Des vidéos de Sea Shepherd qui accusent

« On nous montre souvent du doigt comme les chats noirs de l’océan alors que les chaluts pélagiques sont les plus exemplaires ! Au lieu de trouver des coupables, essayons de trouver des solutions », s’insurge Olivier Le Nézet, président du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne.

Dans une vidéo, jeudi, Sea Sheperd a pourtant affirmé avoir filmé un chalutier pélagique français sans pinger, un dauphin mort dans ses filets.

« Pas de contrôles suffisants »

Avec les pêcheurs partenaires, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) lancera en juin le projet « Licado » pour mettre au point un pinger nouvelle génération. Les chercheurs se pencheront aussi sur les fileyeurs, qui ne peuvent être équipés de pingers. Ces dispositifs actifs (pingers) et passifs (balises) seront soumis à une étude scientifique sur trois saisons de pêche, soit jusqu’en 2022.

Aux yeux de Lamya Essemlali cependant, « on ne met pas les contrôles suffisants et encore moins de sanctions suffisamment dissuasives pour enrayer le problème, donc il y a une sorte d’impunité ambiante autour de ce sujet-là qui est scandaleuse ».