Vendée: Comment la forêt du Pays de Monts a stoppé l'envahissement du sable il y a 150 ans

NATURE A partir de 1830, des milliers et des milliers d'arbres ont été plantés sur le littoral vendéen

David Phelippeau

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La forêt domaniale du Pays de Monts.
La forêt domaniale du Pays de Monts. — @MichelArnaud
  • Ce week-end, à l’occasion de la journée internationale des forêts, l’ONF propose des visites et activités autour des différentes forêts de la région.
  • La forêt domaniale du Pays de Monts a vu le jour en 1830 car les dunes du littoral atlantique menaçaient de s’ensabler.

Derrière tous ces arbres se cache l’histoire d’une forêt. Connaissez-vous celle du Pays de Monts en Vendée, réputée pour ces 25 km d’arbres en lisière de dunes et ces sentiers prisés des promeneurs? Samedi, à l’occasion de la journée internationale des forêts, l’office national des forêts ( ONF) proposera au grand public* de mieux connaître ce « poumon vert » de bord de plage. Valentin Météreau, en charge du suivi technique et administratif des travaux réalisés sur les dunes en Vendée, raconte l’histoire de cette forêt domaniale.

Pourquoi cette forêt domaniale en bordure de dunes ?

Au cours des siècles précédents, des quantités de sables phénoménales sont arrivées sur le littoral atlantique. Ce sable envahissait l’arrière-pays. Il a fallu trouver des techniques pour freiner cet envahissement. On a alors ensemencé ces tas de sable, ces dunes, pour planter des arbres. C’est comme ça que sont nées de nombreuses forêts du littoral, même si ce n’était pas le but. Celle du Pays de Monts a été plantée vers 1830.

Comment les arbres concrètement stoppent une avancée de sable ?

Le sable est un sédiment mobile. On va mettre un arbre dessus, les racines vont pénétrer dans le sable et vont le bloquer. La forêt domaniale c’est 2.280 hectares, 25 km de littoral dont 16 à 18 km de dunes, de la pointe sud de Noirmoutier jusqu’au sud de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez. On y retrouve du pin maritime, une des essences les plus adaptées à la vie dans le sable, et de l’oyat, espèce herbacée commune des dunes. Il y a quatre gros massifs en Vendée (Longeville, Olonne-sur-Mer, Pays de Monts et Noirmoutier) plantés pour les mêmes raisons.

La forêt domaniale du Pays de Monts.
La forêt domaniale du Pays de Monts. - Crédit photo ONF

Quel est le bilan de la forêt du Pays de Monts plus de 150 ans plus tard ?

Le bilan est positif car ça fait plus de 150 ans qu’on a une forêt en place. On n’a pas de problèmes de dépérissement. On pourrait en effet avoir une forêt qui a disparu car les arbres étaient mal adaptés, mais ce n’est pas le cas. Le problème de l’envahissement du sable est réglé car on n’a pas les mêmes apports de sable qu’il y a 150 ans. On est dans une période de déficit sédimentaire sur les côtes. On est plus dans une phase d’érosion avec un trait de côte qui recule doucement.

Y a-t-il eu besoin de replanter depuis ?

Certains arbres sont issus maintenant d’un ensemencement naturel. On est sur la troisième ou quatrième génération d’arbres, ce qui signifie que sur certaines parcelles on est passé trois ou quatre fois pour couper. Pour avoir du pin maritime durable, il faut couper de manière régulière. On ne peut pas renouveler la forêt sans la couper, et ça, le grand public a du mal à le comprendre. Parfois, on a des trouées dans le paysage et ça heurte certaines personnes. Mais, il faut savoir que le pin maritime est à croissance rapide donc ces trouées disparaissent naturellement.

Si ces arbres n’avaient pas été plantés, comment serait le paysage actuel ?

On aurait eu des champs de dunes plus vastes, plus étendus sur plusieurs kilomètres avec des terres inhospitalières, non exploitables. On n’aurait sans doute pas tous ces marais littoraux car ils auraient été comblés par le sable. On aurait eu une végétation de landes. En conclusion, on ne serait pas du tout sur les mêmes paysages.

* De 10h à 18h. Gratuit. Pour plus de renseignement et pour avoir accès au programme complet, rendez-vous sur le site www.biotopia.fr