Côte d'Azur: Isola 2000 renonce à ses tours en hélico, sources de «stress» pour les animaux du Parc national du Mercantour

ENVIRONNEMENT Une pétition avait été lancée pour faire cesser ces baptèmes de l'air

Fabien Binacchi

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Un hélicoptère survole une zone montagneuse (Illustration)
Un hélicoptère survole une zone montagneuse (Illustration) — FAYOLL/SIPA
  • La station de ski d’Isola 2000 avait lancé des baptêmes de l’air en hélicoptère cette saison, stoppés après la publication d’une pétition.
  • Le Parc national du Mercantour, qui abrite près de 9.000 espèces d’animaux se réjouit de cette décision, le bruit généré pouvant gravement impacter la faune.

Près de 6.000 signatures en quelques jours pour clouer au sol les hélicoptères. Lancée par Vigilance Mercantour, une pétition a permis de faire cesser des baptêmes de l'air lancés au-dessus de la station de ski d’Isola 2000. Une initiative « scandaleuse dans un domaine qui jouxte la zone cœur du Parc national du Mercantour [PNM] », pestait l’association écologiste.

Même si aucune réglementation n’avait été enfreinte, puisqu’ils étaient organisés en dehors de ce périmètre, ces baptêmes de l’air n’étaient pas une « bonne nouvelle » pour le parc et ses 8.744 espèces d’animaux. « Un hélico, ça fait beaucoup du bruit. Et quand il y en a qui passe sur Isola 2000, il y a un impact dans la station, mais aussi de l’autre côté de la crête », relève Emmanuel Gastaud, du service sensibilisation et valorisation du territoire au PNM.

« Une dépense d’énergie potentiellement fatale »

« Le bruit, c’est un dérangement et donc un stress pour les animaux. Ils vont se déplacer parce qu’ils ont peur et, en plein hiver, c’est une dépense d’énergie inutile qui peut leur être potentiellement fatale », poursuit le responsable. Lagopèdes et tétras-lyre, deux espèces de galliformes, seraient notamment en première ligne.

C’est d’ailleurs bien pour ça que le parc interdit « le survol des aéronefs motorisés à moins de 1.000 mètres du sol », tout comme « le survol des drones », dans son cœur, une zone de 679 km². «Des dérogations peuvent être attribuées pour certaines activités qui ne peuvent pas s’en passer, comme le ravitaillement de certains refuges, mais aussi évidemment pour les secours et pour certains travaux de recherches », précise Emmanuel Gastaud.

A l’intérieur de cette zone sanctuarisée, une réglementation « protège la nature des principales activités humaines et de la présence permanente d’habitants ». Les feux sont également interdits, tous comme les chiens, même tenus en laisse, la chasse ou encore le dépôt de déchets. Les agents du parc y veillent et des amendes peuvent être dressées.