Pyrénées : Les premiers ours sont sortis de leur tanière, à coup sûr en grande forme

FAUNE SAUVAGE Les premières photos d'empreintes d'ours pris dans les Pyrénées à la sortie de l'hiver viennent d'être publiées sur les réseaux sociaux

Beatrice Colin

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La première trace d'ours repérée dans les Pyrénées après
La première trace d'ours repérée dans les Pyrénées après — Loric / Gaultier / Roche - Pays de l'Ours
  • Les premiers ours sont sortis de leur tanière dans les Pyrénées, photos à l'appui.
  • Durant leur temps d'hibernation, les plantigrades, contrairement aux humains, gardent la forme et ne perdent pas de masse musculaire.

L’endroit est maintenu secret, histoire que le réveil des plantigrades se fasse dans la quiétude. Des randonneurs ont pu observer ces derniers jours dans le massif des Pyrénées les premières empreintes d’ours.

Des photos publiées sur les réseaux sociaux par l’association militante Adet-Pays de l’ours qui participe au réseau Ours brun, dont les bénévoles sont chargés de recueillir toutes les traces laissées par les boules de poil.

Après des semaines d’hibernation, les mâles sont en train de sortir de leur tanière. Les femelles, notamment celles qui ont eu une portée durant l’hiver, ne devraient apparaître avant le mois de mai. Elles pourraient être quelques-unes à avoir mis bas au cours de l’hiver, contribuant à une hausse des effectifs des plantigrades qui devrait dépasser les 43 spécimens recensés en 2017.

D’ici là, comme l’ensemble des autres ours, elles restent au chaud. Même si ce n’est pas la température qui détermine la date d’entrée et de sortie des tanières. « Pour les ours c’est la disponibilité alimentaire. Il entre en tanière s’il ne trouve plus assez de nourriture. Par contre, impossible de savoir s’il y en aura à sa sortie », explique Alain Reynes, le directeur de l’association Adet.

Santé et hibernation

Mais pas d’inquiétude. A leur sortie de tanière, ils ne sont pas aussi faibles qu’on pourrait le penser. « Durant l’hibernation, ils ne mangent pas, ne boivent pas mais ils n’urinent pas et ne défèquent pas non plus. Ce qui est génial, c’est qu’à la sortie, ils n’ont aucune perte musculaire, ils n’ont pas de problèmes cardiaques, ni osseux, ni rénaux », poursuit le spécialiste.

Si nous, pauvres humains, nous passions des semaines au lit, autant se dire d’avance que le résultat à la sortie ne serait pas le même. Cette capacité à ne pas bouger d’un poil au niveau physiologique c’est un peu comme une cryogénisation express. « En ce moment, cela fait l’objet d’études pour voir comment c’est possible et si c’est transposable à l’humain », indique Alain Reynes. Les résultats de ces études pourraient faire avancer la science en termes de maladie auto-immune par exemple.

Cette capacité à mettre tout en veille pourrait aussi avoir un autre intérêt, mais cette fois au niveau spatial. Car pour l’heure, les humains ne pourraient pas arriver sur Mars dans une forme physique olympique. Un ours aurait plus de chance d’y poser une patte.