Huile de palme: Pour lutter contre la déforestation, la Malaisie teste la production de palmiers nains

ENVIRONNEMENT Accusées de détruire les forêts tropicales ET de mettre en danger l’habitat de certains animaux, les plantations de palmiers à huile ont pourtant été multipliées ces dernières années

20 Minutes avec AFP

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Un laboratoire malaisien tente de créer des palmiers à huile nains pour réduire les coûts et les dommages environnementaux de cette culture.
Un laboratoire malaisien tente de créer des palmiers à huile nains pour réduire les coûts et les dommages environnementaux de cette culture. — Mohd RASFAN / AFP

Un projet destiné à produire une huile de palme moins chère et plus durable. En Malaisie, un laboratoire tente de créer des plants de palmiers à huile nains pour réduire les coûts et les dommages environnementaux de cette culture décriée par les défenseurs de l’environnement.

Accusées de détruire les forêts tropicales, de mettre en danger l’habitat des orangs-outans ou d’autres animaux, mais aussi le mode de vie de certains peuples autochtones, les plantations de palmier à huile ont pourtant été multipliées ces dernières années en Indonésie et en Malaisie, les deux principaux pays de récolte.

Des palmiers nains plus chers

Devenue un ingrédient clé pour beaucoup d’industries, des biocarburants au chocolat en passant par les cosmétiques, les producteurs cherchent désormais des nouveaux moyens de production pour se détacher la mauvaise image de cette culture. Mais la faiblesse actuelle de la demande des principaux pays importateurs et l’accumulation des stocks ont fait baisser les prix mondiaux de cette matière première. L’agence malaisienne dédiée à la culture de l’huile de palme (Palm Oil Board) espère que l’initiative en faveur des palmiers à huile nains aidera à résoudre certains de ces problèmes.

« Avec cette variété plus petite, nous pouvons améliorer les rendements, optimiser l’utilisation des terres et rendre la production d’huile de palme plus durable », a indiqué à la biologiste Meilina Ong-Abdullah. Dans son laboratoire de Bangi, près de la capitale, d’autres chercheuses en blouse blanche et masques tranchent des plantes et les transfèrent dans des éprouvettes. Mais ce programme de recherches, sur lequel travaillent aussi d’autres équipes scientifiques en Asie et en Amérique du Sud, est confronté à de multiples difficultés, notamment le prix relativement élevé de ces nouveaux palmiers.

Moins de surface, plus d’arbres

Les palmiers nains, d’une taille environ 30 % plus petite que la variété la plus courante, sont le fruit d’une décennie de recherches par l’agence gouvernementale dédiée à cette culture stratégique. Grâce à cette taille réduite, les fruits rouges du palmier peuvent être récoltés plus facilement avant d’être pressés pour donner de l’huile. Cela signifie moins de main-d’œuvre. Un plus grand nombre d’arbres peuvent aussi être plantés sur la même surface, et leur rendement de 37,5 tonnes de fruits par hectare est le double de la moyenne du secteur, explique l’agence gouvernementale.

Elle espère aussi, grâce aux palmiers nains, que la tentation de couper des forêts vierges pour planter des palmiers à huile classiques sera moins forte, et que les cultivateurs pourront replanter des parcelles moins productives avec ces nouveaux plants. Ce projet pourrait ainsi contribuer à résoudre le problème de la raréfaction des terres cultivables, causé par la croissance rapide et vorace des plantations de palmiers à huile. En Malaisie, ces plantations couvrent déjà 5,8 millions d’hectares, ce qui équivaut à la superficie de la Croatie.

Le projet ne calme pas la grogne des défenseurs de l’environnement

Dans le cadre de ces expérimentations, des palmiers nains ont été plantés dans plusieurs zones, dont le domaine de Bukit Lawiang dans l’Etat de Johor (sud du pays). Les arbres y atteignent 5 mètres, contre 7,5 mètres ailleurs en moyenne. En vente dès 2017, l’adoption des palmiers nains est cependant lente. A 30 ringgits (7 dollars), le semis de palmier nain est vendu deux fois plus cher que la variété conventionnelle.

Le projet ne devrait pas non plus suffire à apaiser les défenseurs de l’environnement ou l’opposition grandissante à l’huile de palme, particulièrement en Europe. « Ma principale inquiétude à propos du secteur de l’huile de palme est la destruction de la biodiversité. Les coupes de forêts doivent cesser », a souligné Mohideen Abdul Kader, de l’ONG Les Amis de la Terre. « Et si possible, les forêts rasées devraient être reboisées ».

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