Nantes: Il sauve des poules de l'abattoir et vous propose de les adopter

BONNE IDEE Thomas Dano, 27 ans, a créé l'association Poule pour tous, dont le siège est situé dans l'agglomération nantaise

Julie Urbach

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Thomas Dano, 27 ans, a créé l'asso Poules pour tous dont le siège est situé près de Nantes
Thomas Dano, 27 ans, a créé l'asso Poules pour tous dont le siège est situé près de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Créée en juillet 2017, l’association Poule pour tous a déjà sauvé quelque 15.000 poules pondeuses promises à l’abattoir.
  • Elle recherche des familles avec jardin désireuses d’adopter des gallinacés, pour 7 euros l’unité.

Elles peuvent pondre jusqu’à l’âge de 5 ans environ, mais la majorité d’entre elles prennent malheureusement le chemin de l’abattoir dès leurs 18 mois. Parce que leurs poules deviennent un peu moins productives avec le temps, de nombreux élevages s’en débarrassent prématurément pour les remplacer par des plus jeunes. « Une aberration » pour Thomas Dano, 27 ans, qui a décidé de partir au chevet de ces « poules de réforme » et leur offrir une retraite paisible chez des particuliers.

Il y a près de deux ans, ce Nantais a créé l'association Poule pour tous après qu’un renard a fait plusieurs victimes dans le jardin de ses parents, à La Chapelle-sur-Erdre… Sur un coup de tête, et après avoir découvert sur Internet le triste destin des poules pondeuses, il en a acheté un millier d’un coup. « Au début, c’était un délire, il y avait des œufs partout ! Je me suis vite rendu compte que le champ de mes parents serait trop petit pour sauver tout le monde, raconte le jeune homme. Par contre, j’ai compris qu’il y avait un vrai besoin. Il fallait aller plus loin. » Aujourd’hui, l’association rapporte avoir déjà sauvé 15.000 gallinacés, la plupart dans le nord-ouest de la France.

Placées dans des familles

Concrètement, Poule pour tous propose aux éleveurs de racheter leurs poules et d’aller les chercher. Pour 7 euros l’unité (auxquels il faut ajouter 4 euros de frais de port), l’association les vend ensuite à des familles, désireuses d’accueillir des cocottes au fond de leur jardin. Pour faciliter la logistique, l’association, qui sillonne l’Hexagone en camion, compte déjà une cinquantaine de « dépôts » (elle en vise une dizaine par département) : des particuliers avec jardin qui acceptent d’héberger quelques heures les rescapées, le temps que les propriétaires viennent les récupérer.

« Certaines sont un peu moches car elles ont pu se prendre des coups de bec, mais elles se remplument très vite, assure Thomas. A part ça, elles n’ont que des qualités : elles mangent vos déchets, vous font de beaux œufs et ce sont des animaux vachement drôles qui vous suivent partout ! Sans compter que les poules bio s’adaptent très bien au jardin. » Pour répondre aux demandes des familles, l’association, qui sauve principalement des poules rousses, vend aussi des oiseaux blancs, noirs ou gris.

Avec les beaux jours, l’association (qui n’est pas la seule en France à défendre cette cause) espère que de nouveaux foyers seront sensibles à sa démarche et réserveront des poules, alors que de nombreux sauvetages sont programmés. Cette semaine, elle va partir par exemple au secours de 150 poules à Saint-Lô et 250 à Cherbourg. Pas grand-chose, finalement, à côté des 3.700 volatiles qui attendent leur sauveur, à Angers, le mois prochain.