Toulouse: Un élu écologiste surprend des agents de la Métropole en train de répandre du glyphosate

ENVIRONNEMENT Près de Toulouse, un élu d’opposition écolo a surpris des agents en train de répandre du glyphosate, un herbicide désormais interdit sur le domaine public

Helene Menal

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Des agents de Toulouse Métropole qui pulvérisent du glyphosate, le 25 février 2019.
Des agents de Toulouse Métropole qui pulvérisent du glyphosate, le 25 février 2019. — P. Jimena - Facebook
  • Patrick Jimena, élu écologiste d’opposition, a surpris des agents de Toulouse Métropole en train de répandre du glyphosate. Il a tourné deux vidéos sur les « lieux du crime », près de cimetière de Cornebarrieu.
  • L’utilisation du glyphosate sur le domaine public est interdite depuis le 1er janvier 2019.
  • La métropole reconnaît « une erreur » et remercie même l’élu lanceur d’alerte.

« Je me suis dit que c’était absolument criminel. » Patrick Jimena (sans étiquette), élu d’opposition à Colomiers, près de Toulouse, est connu pour sa grosse fibre écologiste et sa vigilance en la matière. Lundi 26 février, il est tombé sur du lourd et en a fait des vidéos repérées par France 3 Occitanie.

L’affaire commence au détour d’une de ses balades habituelles quand, sur une petite route située derrière le cimetière intercommunal de Cornebarrieu, son attention a été attirée par des agents des espaces verts. « Je constate qu’il y a un tracteur, raconte l’élu à 20 Minutes, et qu’ils portent d’importantes protections ». Façon police scientifique en effet. Patrick Jimena, intrigué, se met alors à filmer avec son téléphone. Il repart, mais tracassé, il revient. Il entame un dialogue avec les agents qui sont en train de ranger leur matériel dans le cimetière. Et là, ses craintes sont confirmées. Oui, conformément aux consignes, ils étaient en train de répandre du glyphosate.

Or, Patrick Jiména est en pointe sur le sujet. « Depuis le 1er janvier 2019, les collectivités n’ont plus le droit d’utiliser du glyphosate, explique-t-il. Il y a des dérogations, que je ne m’explique d’ailleurs pas, mais elles concernent l’intérieur des cimetières où l’on ne se promène pas. Là, on était à l’extérieur ».

« Une erreur »

Il a réellement levé un lièvre. « En l’espèce, un agent de la collectivité a effectivement traité une bande de terre à l’extérieur du cimetière, le long d’une clôture, côté espace public, reconnaît Toulouse Métropole. Il s’agit d’un espace de l’ordre de 25 m2 où se trouvent un transformateur électrique et des rochers ».

La collectivité rappelle qu’elle a mis en œuvre une politique « Zéro Phyto » pour l’entretien de ses espaces publics. Elle indique que seuls deux cimetières sur 11 – Rapas et donc Cornebarieu – sont encore traités avec des pesticides et que l’objectif est, à terme, « de substituer progressivement l’emploi de méthodes alternatives à l’usage de produits chimiques » sur ces deux sites. Et elle se montre plutôt fair-play avec le lanceur d’alerte : « Toulouse Métropole remercie M. Jimena pour sa vigilance citoyenne, écrit-elle. Grâce à ce signalement, les consignes sont rappelées aux agents pour que cette erreur ne se reproduise pas ».