Côte d'Azur: La Roya, un petit coin de montagne aussi pollué que le centre-ville de Nice

PLANETE Un rapport d’AtmoSud pointe une pollution atmosphérique équivalente, due au chauffage au bois et au passage des camions

Mathilde Frénois

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Camion. Illustration.
Camion. Illustration. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La vallée de la Roya, un endroit sain pour se mettre au vert et respirer le grand air ? Par pour les responsables d’AtmoSud. Ils viennent de mener une campagne dans le cadre de sa mission de surveillance générale de la qualité de l'air. Résultat : la pollution atmosphérique dans la vallée de la Roya et dans le centre-ville de Nice est équivalente. Avec le chauffage au bois, les camions qui passent la frontière franco-italienne par cette route de montagne pourraient bien être les responsables de cette mauvaise qualité de l’air.

« Les niveaux de particules fines relevés avenue Jean Jaurès à Breil-sur-Roya respectent les seuils réglementaires, note AtmoSud dans un rapport. En revanche, comme presque partout sur la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les concentrations en PM10 (particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres) à Breil-sur-Roya présentent un risque de dépassement de la ligne directrice de l’OMS (20 µg/m3/an). » Les niveaux moyens de particules PM10 sont quasi-équivalents à Breil-sur-Roya qu’à Nice (hors promenade des Anglais) et Cannes.

Arrêté interdisant la circulation des camions

Une campagne menée alors que les habitants et les maires de cette vallée, enclave montagneuse à la frontière franco-italienne, se sont longtemps battus contre le passage des camions. Fin 2017, ils sont arrivés à faire valider par le tribunal administratif un arrêté interdisant la circulation des poids-lourds de plus de 19 tonnes. « Chaque jour, plus d’une centaine de poids lourds parcourent la D6204, traversant les communes de Breil-sur-Roya, Saorge, Fontan, La Brigue et Tende », pointe tout de même le rapport. Un trafic routier entre la France et l’Italie qui risque d’augmenter avec le doublement des voies du tunnel de Tende, dont les travaux ont été suspendus.

« Les élévations des niveaux surviennent autour des heures de pointe et sont donc principalement liées au trafic routier. Les niveaux de particules fines en situation de fond sur la commune respectent les seuils réglementaires, précise AtmoSud. Les concentrations les plus importantes sont observées, notamment le matin et le soir, en lien avec les heures de pointe du trafic routier. » Un argument supplémentaire pour les habitants de cette vallée qui veulent limiter la circulation. Et arrêter de respirer les gaz d’échappement.