VIDEO. Qui est Greta Thunberg, Suédoise de 16 ans et nouveau visage de la lutte pour le climat?

PORTRAIT Un millier de lycéens ont séché les cours, ce vendredi à Paris, pour défiler pour le climat, à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg, à l’origine de cet événement

Manon Aublanc

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Greta Thunberg, 16 ans, tient une pancarte "grève scolaire pour le climat"
Greta Thunberg, 16 ans, tient une pancarte "grève scolaire pour le climat" — HANNA FRANZEN / TT NEWS AGENCY / AFP
  • Du haut de ses 16 ans, la Suédoise Greta Thunberg est devenue le porte-voix de la lutte contre le réchauffement climatique.
  • Elle est à l’initiative des « Fridays for Future », les vendredis lors desquels les écoliers, lycéens et étudiants font grève pour dénoncer le réchauffement climatique.
  • Australie, Royaume-Uni, Pays-Bas et maintenant France, des milliers de jeunes ont rejoint l’initiative de l’adolescente suédoise.

Si vous suivez un tout petit peu l’actualité, le nom de Greta Thunberg ne doit pas vous être totalement étranger. Cette adolescente suédoise de 16 ans, qui milite contre le réchauffement climatique, est sous le feu des projecteurs depuis son discours vibrant à la COP24, en décembre dernier. Si bien qu’elle a été classée depuis parmi les 25 adolescents les plus influents du monde, par le magazine Time.

Depuis plusieurs mois, Greta Thunberg a décidé de se battre pour le climat et pour les générations futures et tenter « de réparer les dégâts » causés par les précédentes. L’adolescente, qui a commencé par sécher les cours, chaque vendredi, « pour le climat », a, depuis, été rejointe par des milliers de jeunes à travers le monde. Après un discours, ce jeudi, à la tribune du Comité économique et social européen à Bruxelles, la jeune activiste est à Paris, ce vendredi, pour défiler aux côtés des lycéens français pour le climat.

« Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont »

C’est en août 2018 que Greta Thunberg fait parler d’elle pour la première fois en prenant la décision de manquer les cours, une fois par semaine, pour s’installer devant le Parlement suédois, le Riksdag, à Stockholm. L’adolescente s’est inspirée de « ces mouvements de jeunes, aux Etats-Unis, qui refusaient d’aller à l’école à cause des fusillades », a-t-elle expliqué à RFI. Au fil des semaines, la jeune fille, accompagnée de son désormais célèbre panneau « Grève de l’école pour le climat », est rejointe par d’autres jeunes. Le but ? Informer la population sur l’urgence climatique et dénoncer l’inaction des gouvernements.

« Comment pouvons-nous attendre de pays comme l’Inde ou le Nigeria qu’ils se préoccupent de la crise climatique si nous, qui avons déjà tout, ne nous en préoccupons pas, même une seconde, de nos engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris ? » avait déclaré l’adolescente, le 24 novembre 2018, lors d’une conférence TED dans la capitale suédoise. En décembre 2018, elle est invitée à prononcer un discours à la COP24 à Katowice, en Pologne. Et celui-ci sera décisif. « Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont (…) Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur futur devant leurs yeux », lance-t-elle aux chefs d’Etat du monde entier. Un discours qui sera partagé des millions de fois et qui marquera les esprits.

« Si je n’avais pas été si bizarre, je serais restée coincée dans ce jeu social »

France, Allemagne, Australie, Royaume-Uni, Pays-Bas ou encore Belgique… Partout dans le monde, ce sont désormais des milliers de jeunes qui participent aux « Fridays for Future », initiés par l’adolescente de 16 ans. Une médiatisation qui n’est pas toujours évidente à gérer pour la jeune fille de 16 ans : « Toute ma vie, j’ai été la fille invisible à l’arrière qui ne disait rien. Du jour au lendemain, les gens m’écoutaient. C’est un étrange contraste. C’est dur », a-t-elle confié au New York Times.

Pourtant, rien ne prédestinait Greta Thunberg, « timide », « silencieuse » et « discrète », selon son père qui s’est confié au magazine Society, à devenir le porte-voix de la lutte pour le climat. Après un documentaire sur la fonte des glaciers et les dangers du réchauffement pour les animaux, la fillette, alors âgée de 11 ans, fait une dépression de huit mois et est diagnostiquée autiste Asperger. « Si je n’avais pas été si bizarre, je serais restée coincée dans ce jeu social que tout le monde semble apprécier », a-t-elle déclaré à la télévision suédoise.

En 2016, elle réussit à convaincre sa famille d’adopter un mode de vie plus sain pour l’environnement. Sa mère, Malena Ernman, une chanteuse d’opéra connue dans le monde entier, décide de renoncer à prendre l’avion et stoppe ainsi sa carrière internationale. Son père, Svante, investi dans une voiture électrique, une Tesla. La famille décide également de bannir la viande de son alimentation, d’installer des panneaux solaires et de cultiver ses propres légumes.

« Je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours »

Autant de choses qui prouvent à quel point Greta Thunberg veut se battre pour la planète. « Nous, les enfants, on ne devrait pas avoir à faire ça. Mais, comme presque personne ne fait rien et que notre avenir est en danger, nous pensons que nous devons continuer », avait justifié l’adolescente dans un message posté sur son compte Facebook, le 2 février dernier. Fin janvier, devant les chefs d’Etats et les patrons d’entreprises réunis pour le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, l’adolescente en a remis une couche : « Je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours. Et puis je veux que vous agissiez comme vous le feriez en cas de crise. Comme si ma maison était en feu, parce que c’est le cas. »

Et le président français n’a pas échappé au viseur de la Suédoise. Dans une vidéo publiée par Brut, ce lundi, Greta Thunberg s’est adressée directement à Emmanuel Macron : « Chez Monsieur Macron, vous devez agir maintenant et pas simplement dire que vous allez agir. Si vous continuez à faire comme si de rien n’était, vous allez échouer. Et si vous échouez, vous allez être perçu comme l’un des pires méchants de l’histoire de l’humanité », a prévenu la jeune fille.

La suite du calendrier ? La grève internationale étudiante pour le climat, le 15 mars prochain, l’Austrian World Summit, le 29 mai prochain à Vienne, en Autriche, et le sommet des Nations Unies pour le climat, en septembre prochain, à New York.