VIDEO. «On peut tous être contaminés au glyphosate» assure la députée Bénédicte Taurine

CAMPAGNE La députée de La France insoumise va participer à la campagne citoyenne et faire analyser le taux de glyphosate dans ses urines. Elle présente aussi ce jeudi à l’Assemblée une proposition de loi pour l’interdiction du pesticide

Beatrice Colin

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La députée LFI de la première circonscription de l'Ariège, Bénédicte Taurine.
La députée LFI de la première circonscription de l'Ariège, Bénédicte Taurine. — PDN/SIPA
  • La députée ariégeoise Bénédicte Taurine est l’un des quinze députés qui vont participer à la campagne d’analyses d’urine afin d’y détecter la présence de glyphosate.
  • Cette élue LFI présentera aussi ce jeudi une proposition de loi interdisant le glyphosate en France à compter du 27 novembre 2020, trois ans après l’engagement initial d’Emmanuel Macron sur la question.

Jeudi, Bénédicte Taurine, députée ariégeoise de La France insoumise, présentera une proposition de loi demandant l'interdiction du glyphosate. Cette élue participera en parallèle ce mercredi à une campagne de prélèvement d’urine aux côtés d’une quinzaine d’autres députés.

Ces analyses permettront de détecter leur taux de glyphosate et font partie intégrante de la campagne lancée il y a un an en Ariège. Elle a permis de collecter depuis 611 analyses et quasiment autant de plaintes pour «mise en danger de la vie d'autrui» ont été déposées.

Pourquoi avez-vous décidé de participer à la campagne « j’ai des pesticides dans mes urines, et vous » ?

Avant d’être élue, je suivais déjà les actions des faucheurs volontaires, à l'origine de la campagne.  Je suis déjà allée au tribunal pour les soutenir. Ils ont une démarche et derrière c’est bien d’une question de santé qu’il s’agit. Je l’aurais fait à titre individuel de toute façon, mais en tant que députée, cela a une portée symbolique et il me semblait important de montrer qu’on peut tous être contaminés. En Ariège, ils pensaient être préservés et que manger bio suffisait. Il faut savoir que l’on a du glyphosate dans le corps, une contamination à laquelle on ne peut pas échapper.

Vous êtes rapporteure d’une proposition de loi interdisant le glyphosate en France à compter du 27 novembre 2020. Pourquoi la présenter alors qu’elle n’a aucune chance de passer ?

Il faut que l’interdiction soit inscrite dans la loi, car sur cette question il y a eu trop de rétropédalages et il peut encore y en avoir.

Le président de la République s’était engagé à le faire interdire avant de revenir dessus et d’indiquer en janvier que la France ne parviendrait pas à se passer à 100 % du glyphosate dans les trois ans.

L’argument de la majorité est d’indiquer que pour l’heure le secteur agricole n’a pas d’alternative…

A priori, les solutions existent. Mais cette molécule ne coûte pas cher par rapport par rapport à d’autres modes. Tant qu’on n’impose pas par la loi et qu’on ne met pas des moyens dans la recherche pour trouver des alternatives, on continuera à aller vers les moyens les moins coûteux. C’est là que l’on voit que les intérêts économiques priment sur la santé des gens. C’est une élite qui en profite, comme les fabriquants qui financent des contre-études, il y a un problème du poids des lobbies. La question est aussi plus large que celle du glyphosate, il faut revoir entièrement notre modèle agricole et économique.

Est-ce que vous pensez que les plaintes permettront d’aller plus vite pour l’interdiction de l’utilisation du glyphosate que par la voie politique ?

Il faut les deux. Ce serait un signe fort que cela soit inscrit dans la loi, cela existe dans certains pays. A la France de servir d’exemple en Europe. ll y a aussi effectivement la voie judiciaire qui a mené le 15 janvier dernier à l’annulation de l’autorisation de mise sur le marché du Round Up 360.