«Affaire du siècle»: Dans une lettre, le gouvernement répond aux ONG qui veulent l'attaquer pour «inaction climatique»

ENVIRONNEMENT Le gouvernement avait jusqu'au 17 février pour envoyer sa réponse aux militants écologistes

20 Minutes avec AFP

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Francois de Rugy, le ministre de la Transition écologique, le 13 février 2019 à l'Elysée.
Francois de Rugy, le ministre de la Transition écologique, le 13 février 2019 à l'Elysée. — AFP

Une lettre et un mémo de dix pages. C’est ce qu’ont reçu les quatre ONG (la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) à l’origine de la pétition « l’affaire du siècle » qui a recueilli plus de deux millions de signatures. Le 17 décembre, elles ont accusé l’État de « carence fautive » par son « action défaillante » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et veulent l’attaquer en justice pour « inaction climatique ».

Il restait deux jours au gouvernement pour envoyer sa réponse. Après les avoir reçues jeudi matin à Matignon, le Premier ministre s’était engagé à répondre avant l’échéance de deux mois arrivant à terme le 17 février. « Vous êtes plus de deux millions à avoir signé la pétition « l’affaire du siècle ». C’est historique. Je salue cette mobilisation d’une importance inégalée et partage votre impatience, votre aspiration à aller plus vite, plus loin, plus fort pour le climat », écrit le ministre de la Transition écologique François de Rugy dans un courrier joint à la réponse formelle de dix pages. Mais il rejette l’accusation d’inaction.

Une adhésion des citoyens « pas évidente »

« La France s’est mobilisée pour répondre à l’urgence climatique » et « nous nous donnons les moyens » d’atteindre l’objectif de la neutralité carbone d’ici à 2050, assure-t-il, même si « à l’évidence, cette action devra être complétée, prolongée et amplifiée dans la durée ».

Le ministre, insistant sur le fait que « l’enjeu climatique doit devenir la nouvelle matrice de nos politiques publiques », souligne toutefois que les moyens à mettre en œuvre « sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens ». Il faudra donc « mener une bataille de conviction sans précédent » parce que ces changements « bousculent nos modes de vie ».

L’affaire portée devant les tribunaux

« La taxe carbone est un outil nécessaire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Mais vous le savez, la fiscalité écologique rencontre de nombreuses oppositions », ajoute-t-il. Le gouvernement a fermé la porte à une nouvelle hausse de cette taxe en partie à l’origine de la crise des « gilets jaunes ».

Une argumentation qui n’a pas suffi à entamer l’ambition initiale des militants. Les ONG se sont dites « déterminées » à déposer leur recours en justice. « L’affaire du siècle se réglera devant les tribunaux », avaient-elles indiqué, en l’absence de mesures supplémentaires prises par le gouvernement.