Guyane: La justice annule un permis de travaux miniers accordé à la société Montagne d'or

ENVIRONNEMENT La décision du tribunal ne concerne pas le méga projet industriel de mine d'or à ciel ouvert, mais un projet plus petit, situé sur la même concession

20 Minutes avec agences

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Une mine d'or abandonnée dans la région de Dorlin, en Guyane, le 12 juillet 2012
Une mine d'or abandonnée dans la région de Dorlin, en Guyane, le 12 juillet 2012 — Jerome Vallette AFP

Le tribunal administratif de Guyane a annulé lundi un arrêté préfectoral qui autorisait la société Montagne d’or à lancer des travaux d’exploitation d’or alluvionnaire en Guyane. Cette décision ne concerne pas le projet controversé de Montagne d’or, un gigantesque projet industriel d'extraction aurifère à ciel ouvert qui prévoit l’exploitation d’une mine de 2,5 km de long à partir de 2022, au sud de Saint-Laurent-du-Maroni.

Le tribunal statuait sur un projet plus petit, situé sur la même concession et portant sur l’exploitation d’or alluvionnaire, c’est-à-dire l’or déposé par le mouvement de l’eau. Ce projet avait été autorisé par le préfet de Guyane le 13 décembre 2017. Depuis, les associations Guyane Environnement et Maiouri Nature Guyane réclamaient son annulation.

« Un seul et même projet » aux yeux du tribunal

Le tribunal a donné raison aux associations sur deux points. En premier lieu, il considère que les travaux d’exploitation d’or alluvionnaire autorisés par le préfet et le grand projet d’extraction industrielle Montagne d’or, envisagé « à proximité immédiate » du premier, constituent un seul et même projet, qui entraîne des interventions dans le même milieu naturel.

Dès lors, l’étude d’impact pour l’exploitation d’or alluvionnaire se devait de prendre en compte aussi l’autre projet industriel.

Un « saucissonnage de projet » illégal

D’autre part, le tribunal a considéré que la Dreal, en charge d’évaluer les travaux, ne bénéficiait pas « de la séparation fonctionnelle adéquate en sorte qu’elle puisse bénéficier d’une autonomie réelle » par rapport au préfet de Guyane, signataire de l’arrêté.

La décision du tribunal a été saluée par le collectif environnemental guyanais Or de question. « La compagnie Montagne d’or a tenté de minimiser les impacts de son activité », écrit le collectif dans un communiqué, en dénonçant un « saucissonnage de projet » illégal. Pour la société, cette annulation devrait cependant rester sans conséquence. Fin 2018, l’opérateur avait indiqué avoir suspendu l’exploitation au mois de juillet, faute de rentabilité.