Fukushima: Un robot touche pour la première fois du combustible fondu

NUCLEAIRE Des opérations avaient déjà été réalisées sur le site de la catastrophe nucléaire japonaise, mais aucun contact physique n’avait été établi avec le combustible contaminé

L.Br. avec AFP

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En 2018, Tepco organise une visite des journalistes de la centrale nucléaire détruite sept ans plus tôt.
En 2018, Tepco organise une visite des journalistes de la centrale nucléaire détruite sept ans plus tôt. — TORU HANAI / POOL / AFP

L’opération est inédite. La compagnie d’électricité japonaise Tepco a envoyé ce mercredi un robot dans un des réacteurs de la centrale ravagée de Fukushima pour y « toucher » le combustible fondu. Une première depuis la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011.

« Aucune fluctuation significative de la concentration de substances radioactives dans la poussière n’a été observée au cours de l’enquête et il n’y a pas eu d’impact sur l’extérieur », a indiqué l’entreprise Tepco (Tokyo Electric Power). En somme, tout s’est passé comme prévu selon Tepco après une opération spéciale qui a débuté vers 7 heures locales a duré environ cinq heures. Ce travail a été réalisé dans le réacteur 2, l’un des trois dans lesquels le combustible a fondu. De précédentes investigations avaient été faites dans l’enceinte de confinement dans laquelle s’est échoué le combustible, mais uniquement des observations distantes avec caméras et robots. Cela avait permis de repérer une partie de la matière fondue.

Un contrôle « tactile »

C’est le retrait de ces « débris », d’un niveau de radioactivité exceptionnelle, qui constituera la tâche la plus ardue du démantèlement de ces installations mises en péril il y a bientôt huit ans, le 11 mars 2011, par un gigantesque tsunami sur la côte nord-est du Japon. « Cette fois, c’est un contrôle tactile », a expliqué Tepco dans une présentation mise en ligne. Un robot amélioré, conçu par Toshiba, va aller toucher ce combustible.

La partie au contact des débris ressemble à un gros flotteur au bout d’un câble qui est descendu au-dessus du combustible en étant télécommandé depuis une salle de contrôle. Cet engin est équipé d’un système de mesure de radiations, d’un thermomètre, d’une caméra et d’un éclairage. « Nous ne ferons cette fois pas de prélèvement », a précisé un responsable de Tepco dans une vidéo sur le site internet de la compagnie.

« Si nous parvenons par exemple à évaluer la dureté et d’autres caractéristiques de ces débris, ce seront des informations très utiles pour préparer les opérations d’extraction », avait-il ajouté en amont. Les cœurs des réacteurs 1 à 3 ont fondu au moment de l’accident et doivent être refroidis en permanence. L’exploitant Tepco est toujours en train d’étudier les moyens nécessaires pour en extirper le combustible. Cette opération ne débutera pas au mieux avant 2021 dans une première tranche, et Tepco a en outre bien d’autres casse-tête à résoudre, dont celui des quantités massives d'eau en partie contaminée stockées dans des citernes installées sur le site.