VIDEO. Traversée en tonneau de l'Atlantique: «Je dois faire attention à mes vivres»

AVENTURE Jean-Jacques Savin a pris un peu de retard mais rien d’inquiétant pour le moment…

Clément Carpentier

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Le tonneau flottant de Jean-Jacques Savin.
Le tonneau flottant de Jean-Jacques Savin. — Tonnellerie Boutes
  • Jean-Jacques Savin poursuit sa traversée de l’Atlantique en tonneau.
  • Malgré le retard pris, le retraité de 72 ans garde le moral et tout se passe bien sur le plan physique pour l’instant.
  • L’amphore de vin est toujours là, accrochée à son embarcation.

C’est une aventure unique au monde. Et 20 Minutes vous la fait vivre depuis maintenant plus d’un mois et demi. C’est celle de Jean-Jacques Savin. Ce retraité tente de traverser l’océan Atlantique à bord d’un simple tonneau transporté par les courants. Il est parti le 26 décembre dernier des Canaries. La route s’annonce encore longue pour celui qui vit une aventure humaine et mais aussi scientifique depuis le premier jour.

Comment allez-vous ?

Le moral est au beau fixe. J’adore cette aventure. Pour moi, c’est une forme de liberté de me retrouver là au milieu de rien du tout où c’est en ce moment le calme plat. J’occupe notamment en écrivant mes mémoires car j’ai tout de même 72 ans aujourd’hui.

On peut vous croiser où en ce moment ?

Après une longue période avec des vents qui m’ont fait remonter vers le nord, je redescends vers le sud. Je suis enfin sur la bonne trajectoire depuis le départ. Je suis dans le sud-ouest des Canaries et j’espère arriver (aux Caraïbes) dans la deuxième quinzaine d’avril même si j’ai pris beaucoup de retard.

Pouvez-vous nous parler de l’aspect scientifique de l’aventure ?

Je vous avoue que je suis un peu déçu de ce point de vue là car je devais emporter des balises et l’IFREMER (l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) n’a finalement pas pu me les livrer. Au niveau de l’étude de mon comportement humain, tout est à peu près normal pour l’instant.

Psychologiquement, vous tenez le choc ?

Oui, plutôt bien même si je ne rencontre personne bien sûr. La solitude ne me dérange pas du tout. Je ne suis pas pressé. En revanche, je dois faire attention à mes vivres avec le retard que j’ai pris. Il y a quelques jours, j'ai pu pêcher un belle dorade, ça m'a enfin apporté un peu de frais. Mais la vraie deadline est juin car c’est le début des dépressions tropicales. Il y a donc de la marge.

Et au niveau physique ?

Ma condition est comme mon moral très bon pour le moment. A chaque fois que les conditions me le permettent, je nage. Je fais pas mal d’apnées notamment pour nettoyer la coque. Je mène mes propres petites expériences par exemple en observant la multitude de poissons qui m’accompagnent.

Votre amphore de vin est toujours là ?

Elle est bien accrochée au tonneau. Le vin est toujours là. Un bon château Reignac. Difficile de vous en dire plus, on verra à l’arrivée comme le vin a vécu cette aventure. Une autre amphore est restée au château, il faudra faire la comparaison.