Russie: Un archipel arctique décrète l'état d'urgence face à une «invasion» d'ours polaires agressifs

ANIMAUX Victimes du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, ces ours au comportement agressif sont à la recherche de nourriture

20 Minutes avec agences

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Un ours polaire, dans l'Arctique.
Un ours polaire, dans l'Arctique. — CATERS NEWS AGENCY/SIPA

Un archipel arctique de Nouvelle-Zemble, dans le nord-est de la Russie, a décrété samedi l’état d’urgence face à une « invasion » de dizaines d’ ours polaires agressifs. Ces animaux, qui attaquent les gens dans la rue et font intrusion dans les immeubles d’habitation, sont affectés par le réchauffement climatique et la fonte des glaces.

D’après un communiqué des autorités régionales, l’archipel, dont la population est estimée à environ 3.000 habitants, est confronté à ce phénomène depuis décembre.

Un comportement agressif

Une cinquantaine d’ours polaires rendent ainsi régulièrement visite à Belouchia Gouba, le plus grand village de l’archipel où est basée une garnison militaire russe, certains animaux faisant preuve d’un « comportement agressif », explique Alexandre Minaïev, adjoint au chef de l’administration de l’archipel.

« Ils attaquent les gens et pénètrent dans des immeubles d’habitation et de service », précise-t-il. « Entre six et dix ours polaires se trouvent en permanence sur le territoire du village », selon Alexandre Minaïev. « Les gens sont effrayés, ils ont peur de sortir de la maison (…), les parents ont peur de laisser leurs enfants aller à l’école ».

« L’abattage pourrait être la seule mesure qui s’imposera »

Les ours polaires sont victimes du réchauffement global de la planète. La fonte des glaces dans l’Arctique les force à passer plus de temps à la recherche de nourriture. Pour l’heure, les autorités essayent de les chasser des immeubles à l’aide de véhicules de patrouille et de chiens. « Mais ces mesures ne font pas l’effet recherché », constate le communiqué.

« L’abattage des animaux pourrait être la seule mesure qui s’imposera pour assurer la sécurité » des habitants précise le texte, alors que les ours polaires sont reconnus comme espèce en danger et que la chasse est interdite en Russie. Pour le moment, l’agence fédérale russe chargée de la surveillance de l’environnement refuse d’autoriser l’abattage des « animaux les plus agressifs ». Mais elle a décidé d’envoyer sur l’archipel une commission pour faire une évaluation de la situation.