VIDEO. Guadeloupe: Un sommet international sur les sargasses d'ici la fin de l'année

ALGUES Ces algues brunes, nauséabondes, dégagent de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac en chauffant, pouvant provoquer nausées et vomissements

20 Minutes avec AFP

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Les algues brunes
Les algues brunes — GILLES MOREL/SIPA

La lutte contre les sargasses s’organise. En Guadeloupe, un sommet « international » sera organisé d’ici la fin de l’année, ont annoncé ce mardi le ministre de la Transition écologique François de Rugy et le sénateur de Guadeloupe Dominique Théophile. Cette réunion aura pour but de mettre en place une coopération internationale entre les pays de la Caraïbe dans la lutte contre ces algues brunes.

Trouver une solution devient vital pour la région. Les sargasses, ces algues brunes nauséabondes, dont l’origine reste encore incertaine, s’amoncellent sur les côtes des pays de la Caraïbe, du Mexique à la petite Caraïbe, et dégagent, en séchant, de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

Un rapport pour améliorer la coopération régionale

Le sénateur Théophile a remis au Premier ministre Édouard Philippe son rapport sur la mission qui lui avait été confiée en juin pour étudier les stratégies de lutte contre les sargasses à l’international, examiner les techniques de ramassage, de valorisation, de stockage de ces algues, et favoriser une coopération régionale.

Selon ce rapport, « la comparaison avec les autres pays montre que la France est à la pointe dans un certain nombre de domaines, notamment la question sanitaire », a noté François de Rugy, présent lors de la remise du rapport. « C’est la France qui a la préoccupation la plus forte dans le réseau de détection des effluents d’hydrogène sulfurés », a-t-il ajouté.

Financer les outils de ramassage

Mais dans d’autres pays, « les expériences sont peut-être plus poussées, par exemple sur les barrages flottants qui peuvent maintenir éloignées les sargasses (…), et dans d’autres pays, on travaille aussi beaucoup, comme la France, sur la prédictibilité de l’arrivée » des algues, a-t-il poursuivi.

Ce rapport « permet aussi de voir ce que nous ne pouvons pas faire, même si ça pourrait régler partiellement le problème », a expliqué Dominique Théophile. Ainsi à Sainte-Lucie par exemple, les sargasses sont utilisées comme engrais, ce que la législation française ne permet pas. François de Rugy a annoncé le lancement « cette année » d’un programme avec l’Agence nationale de la Recherche « pour mieux comprendre l’origine du phénomène ».

Il a rappelé que « le but c’est bien de ramasser les algues dans les 48 heures ». « Nous poursuivons nos efforts de soutien aux collectivités locales », a-t-il assuré, précisant que « s’il y a des demandes supplémentaires, nous les examinerons ». Le gouvernement avait annoncé en 2018 une enveloppe de cinq millions d’euros sur deux ans pour financer les outils pour le ramassage des sargasses.