Pollution: Les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus exposées

ETUDE Selon un rapport, « la santé des citoyens européens les plus vulnérables reste affectée de manière disproportionnée par les risques » liés à la pollution de l’air et à la pollution sonore

20 Minutes avec agences
La pollution de l'air à Paris, illustration.
La pollution de l'air à Paris, illustration. — SOLAL/SIPA

En Europe, les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables (les enfants et les seniors), sont aussi les plus exposées à la pollution de l’air et sonore. « De manière générale, plus vous êtes pauvre en Europe, plus les risques sont élevés de vivre dans une zone avec une mauvaise qualité de l’air », a expliqué ce lundi Hans Bruyninckx, le directeur de l’Agence européenne de l’Environnement (AEE).

Dans un rapport, cette agence de l’UE publie pour la première fois une « analyse exploratoire » de la relation entre inégalités socio-économiques et inégalités environnementales.


Le sud et l’est de l’Europe plus exposés

« La santé des citoyens européens les plus vulnérables reste affectée de manière disproportionnée par les risques » liés à la pollution de l’air et à la pollution sonore, ou encore les températures extrêmes, met ainsi en garde l’AEE.

Ainsi les régions d’Europe de l’Est (dont la Pologne, la Hongrie, la Roumanie ou la Bulgarie) et du sud du Vieux Continent (Italie, Espagne, Portugal, Grèce), qui affichent des taux de chômage plus élevés et de scolarisation plus faibles que la moyenne, sont plus exposées aux particules fines (poussières, fumée, suie, pollen…) et à l’ozone.

« Des résultats négatifs en matière de santé »

Dans ces mêmes régions, la moyenne d’âge des populations est plus élevée. Ce qui « peut réduire les capacités individuelles à répondre à la canicule, et donc avoir des résultats négatifs en matière de santé », ajoute l’agence.

La pollution au dioxyde d’azote, rejeté notamment par les moteurs diesel, est présente dans les zones urbaines de l’UE, plus riches. Là encore, « ce sont toujours les communautés les plus pauvres qui tendent à être exposées à des niveaux locaux plus élevés ».

Certaines mesures jugées efficaces

Face à ces inégalités, l’AEE souligne le besoin de mener des politiques coordonnées. Aujourd’hui, « les politiques de l’UE n’exigent pas explicitement d’actions spécifiques de la part des Etats membres pour réduire les inégalités dans l’exposition et la vulnérabilité », notent les auteurs du rapport.

L’agence salue tout de même certaines réponses jugées « efficaces » pour lutter contre ces différents types de risques environnementaux. Notamment la gestion du trafic routier en ville ou l’encouragement à la marche (comme à Malmö en Suède) et du vélo.