Déchets nucléaires: Greenpeace alerte sur une «saturation» mondiale

RAPPORT Selon un rapport de l’ONG, il existe « un stock mondial d’environ 250.000 tonnes de combustibles usés hautement radioactifs » répartis dans une quinzaine de pays…

20 Minutes avec agences

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L'un des quatre bassins d'entreposage du combustible à La Hague (Manche).
L'un des quatre bassins d'entreposage du combustible à La Hague (Manche). — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Greenpeace a alerté ce mercredi contre un risque de « saturation » mondiale des déchets nucléaires. Dans un rapport qui a passé au crible sept pays (Belgique, France, Japon, Suède, Finlande, Grande Bretagne et États-Unis), l’organisation a également mis en cause des projets d’enfouissement profond des déchets hautement radioactifs.

Le document, commandé par la branche française de l’ONG à plusieurs experts, passe ainsi en revue les divers déchets produits par la « chaîne » du combustible nucléaire, de l’extraction de l’uranium aux combustibles usés déchargés des réacteurs. Ces derniers sont « les plus dangereux ».

La Hague pointé du doigt

Selon le rapport, il existe aujourd’hui « un stock mondial d’environ 250.000 tonnes de combustibles usés hautement radioactifs » répartis dans une quinzaine de pays. La majorité « reste entreposée dans des piscines de refroidissement sur les sites des réacteurs ».

Le rapport pointe en particulier du doigt la France. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a déjà souligné le risque de saturation des immenses piscines de La Hague (Manche) où refroidissent les combustibles irradiés des centrales. « Il n’y a pas de risque de saturation des piscines de La Hague avant 2030 », a toutefois assuré ce mercredi un porte-parole du groupe Orano (ex-Areva). Selon lui, 200 emplacements (chacun représentant 5 tonnes de combustible usé) sont encore disponibles.

« Aucun pays au monde ne dispose d’une solution »

Alors que les piscines se remplissent, « aucun pays au monde ne dispose d’une solution pour les déchets de haute activité », note Pete Roche, un des auteurs et consultant spécialisé en énergie et militant anti-nucléaire.

« L’industrie nucléaire, avec le soutien des gouvernements à différents niveaux, maintient le choix du stockage géologique du combustible usé (…). Pourtant, nulle part dans le monde, un stockage souterrain viable, sûr et durable à long terme n’a été mis en place », insiste encore le texte. Même en Suède et en Finlande, où les initiatives sont les plus avancées, il reste de « grandes incertitudes ».

Le projet d’enfouissement à Bure, « une grave erreur »

Le projet français d’enfouissement Cigeo à Bure, dans l’Est du pays, est enfin particulièrement dénoncé. « La vérité c’est que nous arrivons à une situation critique liée à la saturation des piscines de stockage. Pour autant, opter pour l’enfouissement profond serait une erreur grave car on ne pourrait pas revenir en arrière », a insisté Yannick Rousselet.

Le chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France plaide pour un entreposage à sec sécurisé en conteneurs en « subsurface ».