Bretagne: Trois géants de la tomate s’associent pour proposer des produits sans pesticides

CONSOMMATION Les marques Savéol, Prince de Bretagne et Solarenn représentent 50 % du marché français de la tomate…

Camille Allain

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Illustration d'une serre de culture de tomates. Lancer le diaporama
Illustration d'une serre de culture de tomates. — Philippe HUGUEN / AFP
  • Les marques Savéol, Prince de Bretagne et Solarenn viennent de s’associer pour proposer des tomates « cultivées sans pesticides ».
  • Les coopératives bretonnes représentent à elles seules 50 % du marché français de la tomate.
  • Les maraîchers remplacent les produits chimiques par des insectes ou des traitements naturels comme l’argile.

A eux trois, ils pèsent pas moins de 230.000 tonnes de tomates produites chaque année, soit 50 % du marché français. Et il y a fort à parier que vous avez déjà goûté leurs tomates cerises à l’apéro, même en plein mois de janvier. Faisant fi des saisons, les marques Savéol, Solarenn et Prince de Bretagne produisent le fruit préféré des Français toute l’année sous des serres chauffées. Pour coller à la demande des consommateurs, les trois marques viennent de créer une « alliance nature et saveurs » où elles garantissent des tomates « cultivées sans pesticides ».

« Les consommateurs sont attentifs à ce qu’ils achètent. Ils attendent une réduction des pesticides », résume Pierre-Yves Jestin, maraîcher et président de Savéol. « Cela fait longtemps que nous travaillons à réduire l’utilisation des pesticides de synthèse », embraye Marc Keranguéven, président de la SICA, coopérative finistérienne qui produit sous la marque Prince de Bretagne.

Aucun traitement sur le fruit, mais peut-être sur le plant

Les trois marques font la promesse au consommateur que sa tomate n’aura subi aucun traitement, mais sans pour autant être bio. « On n’a pas le lien du sol », détaille le président de Savéol. En clair, la graine ou le plant auront pu être traités, mais pas la tomate. « Mais nous, nous interdisons le cuivre », tempère le patron de la SICA.

Dans les serres, les productions végétales sont régulièrement attaquées par des insectes nuisibles comme la mouche blanche, ou par des champignons. « Auparavant, on pouvait sortir le pulvérisateur. Aujourd’hui, nos salariés vont sur chaque plant pour réparer », poursuit le maraîcher Pierre-Yves Jestin. Les pâtes d’argile et les bourdons ont progressivement remplacé les produits phytosanitaires, mais pas jusqu’à les éliminer.

« Ce label, ce n’est pas de la communication »

Dans cette alliance, les coopératives ont emmené « 100 % de leurs maraîchers ». Tous ont suivi des formations pour apprendre à cultiver différemment. « Pour nous, c’est la troisième voie de l’agriculture (à côté du conventionnel et du bio). Ce label, ce n’est pas de la communication, c’est un vrai travail des producteurs, au prix de leur sueur », assure Christophe Rousse, le président de Solarenn, qui insiste sur « les tests et les échecs » avant de trouver la bonne formule.

Des barquettes de tomates de la marque Solarenn présentées comme cultivées sans pesticides.
Des barquettes de tomates de la marque Solarenn présentées comme cultivées sans pesticides. - C. Allain / 20 Minutes

Les trois marques réunies espèrent que leurs produits sans pesticides représenteront « à court terme » 30 à 40 % de leurs ventes de tomates. A quel prix ? « Ce n’est pas nous qui les fixerons mais les distributeurs. L’accueil est plutôt bon. On devrait se situer dans l’intervalle de prix entre l’agriculture conventionnelle et biologique. Il y a des coûts supplémentaires, il faut que nous le puissions le valoriser », insiste le président de Savéol.

Les fraises, concombres et potimarrons suivront

L’alliance « nature et saveurs » pourrait progressivement être étendue à d’autres cultures. Des tests ont déjà été menés sur le potimarron et les fraises et une réflexion est déjà avancée sur le concombre.

Le label pourrait d’ailleurs s’ouvrir à tous les producteurs acceptant de répondre au cahier des charges, dont le respect sera contrôlé par un organisme indépendant. « On veut entraîner derrière nous. Mais l’agriculture ne va pas à la vitesse d’Internet. Le temps y est plus long », explique Gilbert Brouder, président de l’UCPT, l’autre coopérative de Prince de Bretagne. « Le plus important, c’est de ne pas mettre de cloisons entre les producteurs conventionnels ou les producteurs bio. »