Toulouse: Ils ont jusqu'à 31 fois la dose de glyphosate autorisée dans leurs urines

SANTE Après des habitants de l’Ariège, 45 Toulousains vont porter plainte après avoir retrouvé du glyphosate dans leurs analyses d’urines, réalisées sous contrôle d’un huissier…

Beatrice Colin

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Un agriculteur répand du glyphosate dans un champ dans l'Illinois.
Un agriculteur répand du glyphosate dans un champ dans l'Illinois. — Seth Perlman/AP/SIPA
  • Plusieurs Toulousains ont effectué des analyses d’urines dans le cadre d’une campagne d’envergure lancée en Ariège pour y déterminer la présence de glyphosate.
  • Les taux de glyphosate sont en moyenne 11 fois plus élevés que le taux maximal autorisé dans l’eau potable pour qu’elle soit jugée conforme.
  • 45 Toulousains s’apprêtent à déposer plainte contre les fabricants de ce pesticide et contre ceux qui ont autorisé sa mise sur le marché.

En bons urbains, ils pensaient être victimes d’une pollution bien identifiée : celle issue des gaz d’échappement du trafic automobile. Ils étaient loin d’imaginer qu’elle pourrait venir de ce qu’ils mangent ou boivent tous les jours, ou de ce qui se trouve dans leurs jardins.

Pourtant, des Toulousains viennent de recevoir les résultats de leurs analyses d’urine. Et ils sont sans appel.

Comme leurs voisins ariégeois, les prélèvements effectués sous contrôle d’huissier montrent qu’en moyenne, ils ont un taux de glyphosate de 1,113 microgramme, quand la réglementation autorise un taux maximal de 0,1 microgramme par litre dans l’eau potable pour qu’elle soit déclarée réglementaire.

Certaines analyses contiennent même 31 fois la dose conforme. « Nous avons les mêmes taux qu’en Ariège, et c’est ça qui nous surprend. On est pourtant a priori moins exposés aux pesticides, les collectivités n’en utilisent plus et c’est interdit pour les particuliers depuis le 1er janvier », explique Pascal Barbier, élu écologiste, relais local de la campagne «j'ai du glyphosate dans mes urines, et toi?».

Les militants qui se sont soumis aux analyses d’urines pensaient que leur alimentation souvent d’origine locale et certifiée « bio » les mettrait à l’abri du glyphosate.

Plusieurs dizaines de plaintes

« Nous voulons démontrer que nous sommes tous contaminés alors que nous ne devrions pas l’être autant. Ce taux limite dans l’eau potable est un principe de précaution, ce devrait être la même chose pour le corps humain », poursuit Pascal Barbier.

Leurs 45 plaintes contre les fabricants de pesticides contenant du glyphosate et ceux qui ont autorisé leur mise sur le marché viendront s’ajouter aux dizaines d’autres déjà déposées. En France, plus de 1.500 personnes ont déjà participé volontairement à la campagne lancée par les faucheurs volontaires ariégeois.