Marseille: La justice ordonne à Alteo d'arreter de polluer les calanques

BOUES ROUGES La cour administrative d’appel de Marseille a refusé ce vendredi la demande d’Alteo de repousser la date de dérogation pour ses rejets dans les calanques…

A.M. avec AFP

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Vue aérienne du 30 juin 2015 du parc national des Calanques à Marseille
Vue aérienne du 30 juin 2015 du parc national des Calanques à Marseille — BORIS HORVAT POOL
  • La cour administrative d’appel de Marseille a refusé ce vendredi de prolonger la dérogation pour les effluents liquides rejetés par Alteo dans les calanques.
  • L’entreprise évoquait un risque de cessation d’activité si le délai accordé n’était pas allongé.

Une victoire pour les défenseurs de l’écologie. La cour administrative d’appel de Marseille a rejeté ce vendredi la demande d’Alteo de poursuivre le rejet de ses effluents liquides dans les calanques, l’usine doit se mettre en conformité avec les normes environnementales. A l’audience du 11 janvier, Alteo avait qualifié cette date butoir d'« irréaliste », menaçant le site de Gardanne, et les 700 emplois du bassin local.

Un argument rejeté par la cour ce vendredi. S’agissant du risque de perte de financement allégué par la société, elle a jugé que le dossier « ne comportait aucun commencement de preuve ». « Le maintien de la date limite de dérogation au 31 décembre 2019 ne risquant pas d’entraîner des conséquences difficilement réparables pour la société Alteo, la cour a rejeté la demande », a expliqué cette dernière dans un communiqué.

« Inapplicable, irréaliste et irréalisable »

Par la voix de son avocate, Alteo avait estimé « inapplicable, irréaliste et irréalisable » l’exécution de la décision du tribunal administratif de Marseille du 20 juillet 2018 qui avait réduit de deux ans le délai initialement accordé à l’entreprise pour que la totalité de ses rejets en mer, dans le Parc national des calanques, respectent les valeurs limites d’émission.

« La société elle-même ne fait état de sa crainte du non-respect de l’échéance du 31 décembre 2019 que pour deux paramètres (DBO5 et DCO), alors même qu’elle avait déjà obtenu leur baisse sensible », relève la cour dans son arrêt, jugeant que le terme de la dérogation a pu être « raisonnablement ramené au 31 décembre 2019 ».

Pas de risque de cessation d’activité à court terme

« Même dans le cas où ces deux paramètres (DBO5 et DCO) ne seraient pas ramenés à cette date (31 décembre 2019) en dessous du niveau autorisé, la procédure de sanction que le préfet serait alors susceptible de mettre en œuvre ne saurait entraîner la fermeture immédiate de l’installation », souligne le communiqué.

Dans son avis, le rapporteur public qui s’était prononcé pour le rejet de la demande d’Alteo, avait estimé que l’application du jugement « n’entraînerait pas automatiquement une cessation d’activité » : « Il y aurait d’abord une mise en demeure et un délai complémentaire pourrait être accordé par le préfet », avait-il évoqué.