Nouvelle Aquitaine: Un observatoire d'espèces régionales pour mesurer les effets du changement climatique

BIODIVERSITE L’association Cistude Nature vient de créer un observatoire de 18 espèces régionales, que tout un chacun pourra recenser depuis son jardin ou son lieu de balade favori…

Mickaël Bosredon

— 

Un lézard des murailles
Un lézard des murailles — Matthieu Berroneau, Cistude Nature
  • Cistude Nature complète avec ce dispositif son programme Les sentinelles du climat.
  • Le grand public pourra observer les espèces désignées, et répertorier les observations sur un site internet dédié.
  • L’association espère ainsi sensibiliser le public aux conséquences du réchauffement climatique en l’impliquant davantage.

Vous adorez prendre en photos les insectes ? Vous guettez l’apparition de hérissons ou autres petites animaux dans votre jardin ? Ce programme est pour vous. L’association Cistude Nature, dans le cadre de son programme Les sentinelles du climat, vient de lancer un observatoire phénologique : l'                observatoire des sentinelles.

Cet espace de science participative permettra à tout un chacun d’observer quelque 18 espèces de Nouvelle-Aquitaine (faune et flore) et de répertorier ses observations, selon un protocole précis, dans la plateforme collaborative. Le but ? Mesurer les effets du changement climatique sur la biodiversité régionale.

« Des espèces facilement observables »

Parmi les espèces à suivre, on trouve le crapaud épineux, le muguet, le gendarme, le noisetier, le martinet noir ou encore le lézard des murailles… « Pour mesurer les effets du changement climatique sur la biodiversité il est important de faire participer le public qui, au cours de ses balades, peut observer et dans un deuxième temps publier ses résultats » explique Gabrielle Sauret, chargée de projet en médiation scientifique à Cistude Nature.

Un crapaud épineux
Un crapaud épineux - Matthieu Berroneau, Cistude Nature
Un paon du jour
Un paon du jour - Mathieu Molières, Cistude Nature

La liste des espèces retenues a été établie de concert avec le Conservatoire national botanique Sud-Atlantique et le Conservatoire des espaces naturels de Nouvelle Aquitaine. « L’idée était d’avoir des espèces facilement observables autour de chez soi, facilement reconnaissables, et présentes sur l’ensemble du territoire de la Nouvelle Aquitaine » poursuit Gabrielle Sauret.

Interagir à des moments clés des cycles de vie

Il sera demandé aux observateurs participant à l’expérience, d’interagir à des moments clés des cycles de vie de ces espèces. Cela peut être la diapause chez l'insecte, le déclenchement de la migration chez l’oiseau, la floraison pour un arbre… Et pour accentuer les chances d’observation, il est conseillé de s’installer une station d’observation, dans son jardin ou son lieu de promenade.

« Ce qui nous intéresse dans cette démarche, analyse Gabrielle Sauret, c’est le fonctionnement des espèces dans un ensemble. Le noisetier par exemple, il fonctionne dans un écosystème, on peut se demander quelle conséquence aurait une floraison décalée sur cet écosystème ? Et est-ce que telle ou telle espèce trouvera toujours sa ressource alimentaire ? L’idée est de travailler sur ces liens-là. »

« Le réchauffement, ce n’est pas que la banquise ou les coraux »

Et de sensibiliser. Cette opération doit aussi permettre de faire prendre conscience au grand public que le réchauffement climatique, « ce n’est pas que la banquise ou les coraux » mais c’est aussi « la nature dans laquelle on vit.

L’association ne s’est pas fixé un nombre de participants à atteindre. « Le plus important, ce sera plutôt la récurrence de l’observation d’année en d’année » assure la scientifique.