Climat: Il est temps de «se mettre en colère», lance une militante de 16 ans à Davos

ENVIRONNEMENT La jeune fille réclame aux dirigeants de se mobiliser pour parvenir à respecter l’accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, par rapport à l’ère préindustrielle...

C. Ape. avec AFP

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Greta Thunberg, 16 ans, tient une pancarte
Greta Thunberg, 16 ans, tient une pancarte — HANNA FRANZEN / TT NEWS AGENCY / AFP

Malgré son voyage en train depuis la Suède, long de près de trente-deux heures, Greta Thunberg est arrivée à Davos plus déterminée que jamais à convaincre les grands de ce monde de l’urgence climatique. « J’ai arrêté de prendre l’avion par conviction, parce que je ne veux pas dire une chose et agir autrement », a déclaré la jeune militante suédoise de 16 ans, venue porter son message à la fine fleur de l’économie et de la politique rassemblée au Forum économique mondial.

« J’estime qu’il est insensé que des personnes qui discutent notamment ici du dérèglement du climat, arrivent en jet privé », a-t-elle tancé d’entrée, allusion aux quelques centaines d’avions spécialement affrétés pour l’occasion.

Passion et indignation

Cette adolescente est devenue célèbre après avoir commencé à manifester, seule, chaque semaine, devant le Parlement suédois. Début décembre, Greta Thunberg avait impressionné par un discours aussi passionné qu’argumenté lors de la 24e conférence des Nations unies sur le climat à Katowice, en Pologne.

Accompagnée de son père, elle entend bien se faire de nouveau entendre à Davos où elle doit participer à diverses rencontres en marge du Forum avant de s’exprimer vendredi lors d’un débat officiel sur le dérèglement climatique. Avant même de monter dans son train à Stockholm, la jeune fille avait adressé un message d’indignation aux grands patrons et responsables politiques, diffusé mardi sur écran géant dans le Centre des Congrès du Forum mondial.

« Certaines personnes disent que nous ne faisons pas assez pour combattre le changement climatique. Ce n’est pas vrai, parce que pour ne pas faire assez, il faudrait déjà que nous fassions quelque chose, et la vérité est que nous ne faisons rien », avait-elle asséné.

« Avenir en péril »

Elle se dit sans illusion sur l’écho que ce message peut trouver à Davos, où les discussions récurrentes sur l’environnement ne sont que rarement suivies d’effets. Les responsables économiques et politiques « savent exactement quelles valeurs inestimables ils ont sacrifiées afin de continuer à gagner des sommes d’argent inimaginables », déclare-t-elle.

La jeune militante réclame à ces dirigeants de se mobiliser pour parvenir à respecter l’accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. « Je pense qu’il est parfaitement injuste que les anciennes générations nous lèguent cela, à nous ainsi qu’aux générations futures (…) et qu’il nous revienne de nettoyer après eux ».

« Les jeunes doivent réaliser que leur avenir est en péril », plaide la jeune fille avec une tranquille détermination, emmitouflée dans son manteau, ses longues nattes blondes dépassant d’un bonnet de laine. « Ils doivent faire quelque chose, se mettre en colère et transformer cette colère en action », ajoute-t-elle en observant que quand des enfants prennent la parole, ils peuvent avoir un « impact énorme ».

Son exemple a déjà inspiré de très nombreux jeunes à travers le monde, qui ont manifesté pour réclamer de véritables mesures contre le changement climatique​.