Des déchets corses traités à Toulouse ? Les écologistes n’en veulent pas

INCINERATEUR Les écologistes EELV de Toulouse sont vent debout contre un futur traitement des déchets corses dans leur ville…

20 Minutes avec AFP

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L'incinérateur de déchets du Mirail, à Toulouse.
L'incinérateur de déchets du Mirail, à Toulouse. — F. Scheiber / 20 Minutes
  • La Corse peine à traiter l’intégralité des déchets qu’elle produit.
  • Plusieurs milliers de déchets doivent être traités sur le continent, notamment à Toulouse.
  • Les écologistes de la Ville rose refusent cette solution.

Avec deux centres d’enfouissement et aucun incinérateur, la Corse peine à traiter ses déchets. L’île en produit 220.000 tonnes par an : 163.000 tonnes sont enfouies, le reste est trié. Plusieurs milliers de tonnes doivent être prochainement traitées sur le continent. Mais les écologistes EELV de Toulouse se sont « totalement » opposés jeudi à ce que cette opération ait lieu dans la Ville rose.

« L’incinérateur du Mirail fait partie des équipements pressentis pour traiter des déchets en provenance de Corse à partir de fin 2019, indique EELV dans un communiqué. Les capacités de traitement sur l’île ayant actuellement atteint leurs limites, ce sont ainsi 20.000 tonnes de déchets qui transiteraient chaque année vers Toulouse pour y être brûlées. »

EELV Toulouse « s’oppose totalement à une telle décision, qui ne pourrait intervenir que par la prise par les services de l’Etat d’un arrêté de dérogation à la réglementation en vigueur, celle-ci limitant le transport des déchets aux seuls départements limitrophes de la Corse ».

Quatre sites concernés

En septembre 2018, le Syvadec, organisme public qui gère les déchets en Corse, avait annoncé avoir retenu deux offres pour le traitement sur le continent de plusieurs milliers de tonnes de déchets. Ces deux offres portent sur quatre sites différents : au Vigeant en Poitou-Charentes (Séché Environnement), pour 40.000 tonnes par an, à Nîmes (Veolia) pour 8.000 tonnes par an, à Toulouse (Veolia) pour 20.000 tonnes par an, et à Perpignan (TIRU) pour 15.000 tonnes par an.

« Est-il besoin de rappeler l’impact du transport des déchets sur le trafic routier […] l’impact du transport et du traitement des déchets sur les émissions de gaz à effet de serre et la qualité de l’air ? », s’interroge EELV.

L’appel à Jean-Luc Moudenc

Le traitement de ces déchets à Toulouse interviendrait en outre « en contradiction flagrante avec la réduction du nombre de collectes hebdomadaires dans les communes périphériques [de Toulouse], annoncée par le président de la Métropole [Jean-Luc Moudenc, LR] à l’occasion de ses vœux 2019… », selon le texte.

« C’est pourquoi nous attendons du président de Toulouse Métropole qu’il fasse acte de cohérence en signifiant au préfet de la Haute-Garonne son hostilité au traitement des déchets corses à Toulouse », concluent les écologistes.