A Cannes, Thales va construire un satellite pour évaluer la santé des végétaux de la planète

DEPUIS L'ESPACE La mission « Flex », développée par le constructeur français Thales Alenia space, permettra d’étudier avec précision la photosynthèse…

Fabien Binacchi

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La Terre vue par un satellite le 6 juillet 2015 (Illustration)
La Terre vue par un satellite le 6 juillet 2015 (Illustration) — Nasa/Epic/DSCVR
  • Un satellite construit à Cannes pour le compte de l’Agence spatiale européenne, étudiera, dès 2023, la photosynthèse sur la Terre.
  • Les données de la mission Flex permettront d’évaluer la santé de l’écosystème mondial.
  • « Les données récoltées serviront aux gouvernements comme une aide à la décision pour leur politique environnementale », précise le fabricant Thales Alenia space.

La photosynthèse, à l’origine de la vie sur terre, bientôt monitorée depuis l’espace. Thales Alenia Space (TAS), le fabricant français de satellites, basé à Cannes, a annoncé ce jeudi qu’il développerait l’engin spatial chargé de cette nouvelle mission, permettant « d’évaluer la santé de l’écosystème terrestre », pour un lancement en 2023.

Un satellite en construction dans les salles blanches de Thales Alenia space, le 10 janvier 2019, à Cannes (Illustration)
Un satellite en construction dans les salles blanches de Thales Alenia space, le 10 janvier 2019, à Cannes (Illustration) - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Construit pour le compte de l’Esa (l’Agence spatiale européenne) avec un budget de 150 millions d’euros, Flex - pour « Fluorescence explorer » - survolera le globe à la recherche de traces de cette activité « invisible à l’œil nu ».

« Aider les gouvernements pour leur politique environnementale »

Le satellite embarquera « Floris », un spectromètre capable « d’identifier la faible lueur rougeâtre émise lors de la photosynthèse et également, avec précision, la fluorescence de la végétation », des indicateurs de son état, précise le constructeur.

« Les données récoltées seront ensuite transmises à différents gouvernements comme une aide à la décision pour leur politique environnementale », selon Pierre Lipsky, le directeur du site cannois de TAS. Le nouveau satellite s’appuiera aussi sur les capteurs optiques et thermiques d’un autre engin, de la constellation Sentinel-3, pour affiner son diagnostic.

« Les informations fournies par FLEX nous donneront un meilleur aperçu de la santé des plantes. C’est d’autant plus important aujourd’hui que la population croissante de la Terre exige de plus en plus la production de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux », détaille le service Observation et Sciences chez TAS.

Mis en orbite à une altitude de 800 km

Le satellite, dont la maîtrise d’œuvre sera assurée sur le littoral cannois, où le siège social de Thales Alenia Space emploie 2.100 salariés, sera mis en orbite à une altitude de 800 km, grâce à une fusée Vega.

L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros en 2017, a procédé à 38 lancements de satellites l’an dernier. Une vingtaine de nouvelles mises en orbite sont programmées pour 2019, selon la direction du site de Cannes.