Objectif collecte des déchets: «Quatre ans pour tester des solutions innovantes»... Brune Poirson lance la première phase

INTERVIEW La secrétaire d’État lance ce jeudi un appel à manifestation d’intérêt pour la collecte innovante des déchets. Le principe ? Tester pendant quatre ans, dans les collectivités locales, des solutions qui permettraient d’améliorer le grand point faible français…

Propos recueillis par Fabrice Pouliquen

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Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, le 9 janvier à la sortie du palais de l'Elysée.
Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, le 9 janvier à la sortie du palais de l'Elysée. — FRANCOIS GUILLOT / AFP
  • Dévoilée au printemps dernier, la feuille de route de l’économie circulaire se fixe pour objectif de tendre vers 100 % de plastique recyclé d’ici 2025.
  • Pour y parvenir, il faudra déjà s’améliorer sur l’étape d’avant : la collecte des déchets, le point faible de la France. Un exemple : seulement 55 % des bouteilles plastiques sont aujourd’hui collectées en France.
  • Ce jeudi matin, Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, lance un appel aux porteurs de projets pour tester à grande échelle des solutions innovantes de collecte des déchets.

Que faut-il faire pour améliorer la collecte des déchets, le gros point faible aujourd’hui en France ? Faut-il réintroduire le principe de la consigne ? Miser sur le nudge (le jeu) ou les applications numériques ? Installer des bornes de recyclages sur la voirie des grandes villes comme le fait Trilib ? A vrai dire, toutes les pistes sont encore ouvertes au Ministère de la transition écologique et solidaire qui lance ce jeudi « un appel à manifestation d’intérêt pour la collecte innovante ».

Le principe ? Expérimenter à travers le pays des solutions de collecte innovante pour ensuite sélectionner celles qui se prêtent le plus à un déploiement à grande échelle. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, précise pour 20 Minutes les contours de cette opération.

Comment se déroulera cet appel à manifestation d’intérêt ?

L’idée est de pouvoir déployer dans les quatre prochaines années des expérimentations de solutions innovantes de collecte des déchets dans les collectivités locales. Des municipalités essentiellement. Cet appel à manifester est doté d’un budget de six millions d’euros. Les expérimentations s’étaleront sur trois phases. Nous lançons ce jeudi matin le premier appel à candidature. Les porteurs de projets ont jusqu'’au 10 mars pour déposer leurs dossiers.

Améliorer la collecte des déchets est le premier enjeu aujourd’hui de la feuille de route de l’économie circulaire qu’a tracé la France au printemps dernier ?

Pour rappel, l’horizon que se fixe cette feuille de route de l’économie circulaire présentée par le Premier ministre en avril est de tendre vers 100 % de plastiques recyclés d’ici 2025. Mais pour recycler 100 % des plastiques, il faut d’abord tous les collecter. Or, c’est un point sur lequel nous devons beaucoup nous améliorer en France. Un exemple : seulement 55 % des bouteilles plastiques sont aujourd’hui collectées en France. Et c’est une moyenne. Dans les grandes villes, comme Paris, seule une bouteille en plastique sur dix est collectée. Si nous améliorons la collecte, nous serons, de facto, meilleurs ensuite en recyclage.

Quels types de solutions espérez-vous voir éclore via cet appel à manifestation ?

Nous ne partons pas avec des idées préconçues, l’idée étant d’en tester un maximum. Des solutions innovantes de collecte des déchets sont déjà lancées un peu partout en France. Des grandes surfaces testent par exemple le retour des consignes pour la collecte des bouteilles en plastique [la bouteille est achetée quelques centimes de plus, centimes que l’on récupère en rapportant l’objet dans un point de collecte]. D’autres travaillent sur le nudge [inciter au tri en passant par le jeu], d’autres encore sur des applications smartphone d’aide au tri. D’autres enfin cherchent à améliorer la collecte des déchets en puisant dans l’économie sociale et solidaire, en s’appuyant par exemple sur les réseaux de voisinage ou en visant le retour à l’emploi de personnes en réinsertion sociale. Des solutions existent donc, mais elles sont le plus souvent appliquées sur des périmètres restreints. C’est un début. Mais nous avons aussi besoin de tester ces solutions à plus grande échelle afin de déterminer celles qui pourraient être déployées massivement parce que très efficaces. Dans une ville dense aussi bien qu’en milieu rural. C’est ce travail que nous voulons faire avec cet appel à manifestation d’intérêt. Et en plus, pour chaque objet collecté, une somme sera reversée à un fonds pour financer une grande cause de solidarité.