Pollution lumineuse: Le gouvernement durcit la réglementation autour des éclairages

ENVIRONNEMENT La lumière la nuit peut perturber notre horloge biologique et donc notre santé, mais aussi affecter les plantes et les animaux…

20 Minutes avec agences

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Des militants regrettent que « rien » ne soit prévu pour l'éclairage public.
Des militants regrettent que « rien » ne soit prévu pour l'éclairage public. — G. Varela / 20 Minutes

Les parcs, les jardins, les parkings ou encore les chantiers devront bientôt éteindre la lumière la nuit. Le gouvernement a en effet annoncé de nouvelles règles pour limiter la pollution lumineuse, une décision saluée comme un premier pas par des ONG.

Une loi de 2010 prévoyait des mesures contre ce phénomène mais l’Etat n’avait jusqu’alors pas pris tous les arrêtés nécessaires pour les mettre en œuvre. Or, la lumière la nuit peut perturber notre horloge biologique, ce qui accroît le risque de cancer, de diabète et de dépression. Elle affecte également les plantes et les animaux et prive du spectacle de la Voie lactée.

Contraint par le Conseil d’Etat

En mars 2018, le Conseil d’Etat avait accordé un délai de neuf mois à l’Etat pour agir. C’est désormais le cas depuis la publication le 28 décembre au Journal officiel d’une série de règles sur la mise en lumière du patrimoine, des équipements sportifs, ou encore des sites d’observation astronomique.

Jusqu’ici, seuls deux arrêtés, l’un de 2013 sur l’éclairage intérieur des bureaux ou des vitrines et l’autre de 2012 sur les publicités et les enseignes s’attaquaient à la question.

Les parcs et jardins jusqu’à 1 heure du matin maximum

« Notre point de vue est nuancé, mais on peut quand même se féliciter d’avoir une base parce qu’on a attendu sept ans », a commenté Anne-Marie Ducroux, présidente de l’Association nationale pour la protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes (ANPCEN).

Cette ONG salue notamment le fait qu’un temps d’extinction de nuit soit rendu obligatoire pour un certain nombre de lieux, comme les parkings ou les chantiers. Les bâtiments du patrimoine, les parcs et jardins pourront être éclairés à partir du coucher du soleil jusqu’au plus tard 1 heure du matin, ou une heure après leur fermeture pour les parcs. Ces mesures s’appliqueront à partir du 1er janvier 2021.

Quid de l’éclairage public ?

« On sait que la réduction de la durée d’éclairement en milieu de nuit est la première mesure, la plus simple, sans coût, qui rapporte immédiatement, en euros, en kw/h et en émission de pollution lumineuse », a commenté Anne-Marie Ducroux, qui regrette toutefois que « rien » ne soit prévu pour l’éclairage public.

Le projet d’arrêté prévoyait de réguler l’éclairage des réverbères (autorisé du coucher au lever du soleil en agglomération, du coucher du soleil à 1h du matin hors agglomération), mais cet élément a finalement disparu.

Des mesures spécifiques dans les espaces naturels

L’arrêté met également en place des mesures spécifiques dans les espaces naturels protégés et 10 km autour de sites d’observation astronomique, comme l’observatoire du Pic du midi. Si le président de la Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, a également salué cet arrêté, il a regretté l’absence de « moyens de contrôle » accompagnant les mesures.

Les défenseurs de l’environnement dénoncent régulièrement le fait que les deux décrets déjà en vigueur soient méconnus et mal appliqués.