VIDEO. Pyrénées: Des associations réclament de nouveaux lâchers d'ours, «indispensables» pour la survie de l'espèce

ANIMAUX De « nouveaux lâchers » d’ours seraient « indispensables » afin d’assurer « à long terme la viabilité » de la population « encore trop petite » dans le massif pyrénéen…

D.B. avec AFP

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Un ours dans les Pyrenees-Orientales.
Un ours dans les Pyrenees-Orientales. — FRILET/SIPA

« La bonne nouvelle de l’année 2018 est sans conteste le lâcher de deux ourses dans le Béarn en octobre. Un moment historique ! MAIS… Un long chemin reste à faire », indique l’association Ferus, en charge de la protection et de la conservation des grands prédateurs. Dans un communiqué transmis à l’AFP, elle indique que de « nouveaux lâchers » d’ours sont « indispensables » afin d’assurer « à long terme la viabilité » de la population, « encore trop petite », de ces plantigrades dans le massif pyrénéen.

Deux ourses, Claverina et Sorita, qui pourraient donner naissance à des petits en 2019, ont été lâchées en octobre dans les Pyrénées-Atlantiques afin de sauvegarder l’espèce menacée d’extinction en France. Les éleveurs locaux sont opposés à leur présence. Pour Ferus, « la sécurité totale des ourses n’est pas assurée à cause d’une minorité d’anti-ours toujours violente ».

De plus en plus d’attaques de troupeaux en Ariège

Selon les bergers anti-ours, leur présence n’est pas compatible avec l’élevage. L’animal, qui se nourrit à 70 % de végétaux, peut s’attaquer à des brebis ou provoquer la chute de dizaines d’entre elles d’un escarpement si elles sont effrayées. D’autres bergers militent, eux, pour une cohabitation avec l’animal.

En Ariège, où les opposants à la présence de l’ours dans les Pyrénées sont particulièrement virulents, le nombre de demandes d’indemnisation pour des dommages liés aux plantigrades a pratiquement doublé (+70 %) en 2018 avec 448 dossiers dommages effectués, dont 428 ont fait l’objet d’une indemnisation, selon la préfecture.

45 loups tués en France en 2018

Concernant le loup, « ça reste sombre », selon Férus. « Les pouvoirs publics ne jurent toujours que par les tirs : 51 loups (espèce protégée) peuvent être tués en 2018. À cette heure, déjà 45 animaux sont tombés sous les balles. Pourquoi ? Pour rien, assure l’association. La prédation due aux loups ne baisse pas car seuls les moyens de protection des troupeaux fonctionnent, à court, moyen et long terme. Et les loups sont maintenant effarouchés dans les zones centrales de parcs nationaux (comme dans le cas du Mercantour) ! »

Férus a annoncé mi-décembre avoir porté plainte auprès de la Commission européenne contre l’Etat français, estimant qu’il ne respecte pas ses obligations de protection du loup.