Pétition pour le climat: «Ce n'est pas dans un tribunal qu'on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre» selon François de Rugy

ENVIRONNEMENT Même s’il se dit « heureux » de l’incroyable succès de la pétition pour le climat, le ministre de la Transition écologique ne pense pas qu’une action en justice soit la solution…

N.Sa avec AFP

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Le ministre de la Transition écologique François de Rugy.
Le ministre de la Transition écologique François de Rugy. — Yann Bohac/SIPA

La pétition en ligne «l'affaire du siècle» pour soutenir un recours en justice contre l’État français pour inaction climatique, lancée par quatre ONG, recueillait mardi soir plus de 1,7million de signatures. Interrogé par Le Parisien, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a enfin réagi à cet engouement jamais vu en France.

« J’ai été agréablement surpris. Je suis heureux que les citoyens s’expriment pour lutter contre le dérèglement climatique », a tout d’abord expliqué François de Rugy avant de critiquer l’objectif même de la pétition : « Une pétition pour le climat, oui je signe. Une pétition pour attaquer l’Etat, non. (…) Les ONG sont dans leur rôle d’aiguillon de l’opinion… Mais ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. »

« Qu’est-ce que les citoyens sont prêts à accepter ? »

Les ONG ont adressé lundi une requête préalable au gouvernement, qui a deux mois pour répondre. Les ONG prévoient dans un second temps, en mars probablement, d’introduire un recours juridique devant le tribunal administratif de Paris, une première à l’échelle française. Les citoyens « ont envie de passer à l’action, cela nous renforce dans l’espoir que le gouvernement ne reste pas sans réponse », indique Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

« En France, tout le monde est d’accord pour lutter contre le changement climatique mais, en revanche, quand on pose la question des moyens, c’est plus complexe. Qu’est-ce que les citoyens sont prêts à accepter ? » s’interroge le ministre de la Transition écologique dans Le Parisien. « On a vu la crispation sur le niveau de la taxe carbone -même si la contestation était surtout liée à la brusque hausse des cours mondiaux du pétrole début octobre », poursuit-il.